samedi 19 juillet 2014

Conversation imaginaire au sujet du génocide palestinien par Israël

M. A n'est pas méchant mais il ne se pose pas trop de question, il "cultive son jardin", n'adhère à aucune religion, ni aucun parti politique, il a plutôt tendance à voir les choses de manière simpliste ne prenant pas trop le temps de vérifier l’information donnée par la TV.

Mme B est plus nuancée, elle n'a pas de religion et ne fait pas de politique, mais elle s'y intéresse. Elle peut donner l'impression de "se la jouer" en allant puiser ces citations un peu partout sur le net. Mais elle a le temps puisqu'elle est au chômage.

Pièce de théâtre un 1 acte.
M. A et Mme B commente l'actualité et semblent en désaccord sur le conflit israélo-palestinien. 

A : Être contre Israël c’est être antisémite en quelque sorte.

B : En linguistique, les Sémites sont l'ensemble des peuples utilisant ou ayant utilisé les langues sémitiques. Cette notion est reprise par la linguistique contemporaine pour poursuivre l'étude de ces langues. En ethnologie, ce sont les peuples (actuels ou anciens) parlant une langue du groupe sémite, c'est-à-dire au Moyen-Orient, dans la Corne de l'Afrique (seulement l'Érythrée, l'Éthiopie, la péninsule Arabique, le Croissant fertile et en Afrique du Nord. Le mot a été forgé à partir du nom du personnage biblique Sem, dernier fils de Noé. Il représente donc l'ensemble de ses descendants.
Les palestiniens sont donc aussi sémites que les israéliens, voir plus compte tenu du fait que de nombreux israéliens sont issus du peuple Kazhar d’Europe de l’Est converti au judaïsme au VIIe siècle.

A : Oui mais les juifs c’est une race, c’est être raciste de les critiquer.

B : Pour rappel l'Assemblée nationale a adopté, jeudi 16 mai 2013, une proposition de loi du Front de gauche supprimant le mot "race" de la législation française. Critiquer le sionisme, c’est à dire la politique d’un État raciste qui instrumentalise le judaïsme pour exclure les non-juifs, ce ne signifie pas mettre tous les juifs dans un même sac. Les juifs orthodoxes Neturei Karta par exemple,  sont antisionistes et pour le démantèlement d’Israël car ils considèrent que toute tentative humaine de recréer un État juif avant la venue du Messie est une attaque contre la volonté divine.

A : Oui mais moi la religion je m’en fous.

B : Dans ce cas là pourquoi considères-tu les juifs comme une race ? De cette manière tu cautionnes l’idée véhiculée  par la Bible selon laquelle le peuple juif aurait été élu par Dieu et que cette distinction se transmet par le sang de la mère. Si tu penses que le judaïsme est une religion, alors tu devrais admettre l’idée que les croyances ne se transmettent pas génétiquement, qu’on a le choix de les accepter ou de les refuser. Critiquer une religion est autorisée en France, on n’est plus puni par la loi pour blasphème. Mais je ne cautionne pas non plus ceux qui critiquent les religions sans même avoir ouvert un livre. À la limite on peut parler de culture juive, comme on peut parler de culture musulmane, chrétienne, bouddhiste, etc…

A : Tu as dis que l’idée du peuple élu était véhiculée par la Bible, mais c’est la Torah le livre des juifs.

B : Oui, et visiblement tu ne sais pas que l’Ancien Testament c’est la Torah. D’ailleurs il est marrant d’entendre régulièrement certaines personnes critiquer le machisme ou la barbarie du Christianisme ou de l’Islam en se référant à des parties de l’Ancien Testament. Peut être suis-je complotiste, mais il semblerait que l’ignorance de ces personnes soit entretenue pour faire disparaître les religions et toute aspiration spirituelle au profit de l’idéal matérialiste du capitalisme.

A : Tu essayes de m’embrouiller le cerveau, tu cautionnes donc la Shoah et la déportation des juifs ?

B : On peut être opposé au meurtre d’innocents, sans être obligé de leur coller une étiquette. C’étaient des humains avant d’être de telle religion ou de telle couleur.

A : Oui mais dire ça, c’est minimiser la mort des juifs.

B : C’est ce que tentent de t’inculquer les médias, alors que c’est au contraire éviter toute hiérarchisation des souffrances et toute instrumentalisation à des fins politiques.

A : Tu penses qu’il n’y a pas d’antisémitisme aujourd’hui ? C'est-à-dire des gens souhaitant la mort à des personnes de confession juive ?

B : Oui il y en a, comme il existe des personnes souhaitant la mort des chrétiens, des musulmans... et aussi des athées, ne les oublions pas.

A : Mouais, mais pour revenir à Israël et la Palestine, le Hamas palestinien est un groupe terroriste qui lance des roquettes sur des gens qui n’ont rien demandé.

B : La mort d’innocents est à déplorer. Tout ce qui arrive est malheureusement la conséquence d’une accumulation d’injustices de l’État Israël. Dans la bande de Gaza, 80% des victimes sont des civils innocents, des enfants, des femmes, des personnes âgées.

A : Oui mais c’est la guerre depuis des décennies, et puis c’est compliqué.

B : Ce n’est pas compliqué à comprendre, mais il est vrai que les médias ne font pas le travail pédagogique nécessaire.
Avant la création de l’État d'Israël, juifs, chrétiens et musulmans vivaient très bien ensemble. Mais ça, c'était avant. Israël en se définissant comme un état juif, en construisant des colonies illégales et en pratiquant un apartheid raciste (qui sera demain condamné), le régime d'extrême droite de Netanyahu produit le terrorisme palestinien et légitime ainsi ses bombardements à l'uranium appauvri (riposte disproportionnée, suffit de jeter un œil sur le net pour voir le carnage) et l'édification de son mur. Israël se moque de la communauté internationale et à l'appui des États-Unis pour faire ce qu'il veut, même d’avoir l'arme atomique.

A : Oui mais après tout ce problème ne nous regarde pas, c’est des juifs contre des musulmans.

B : Tout le bordel au Moyen-Orient n'est pas la cause des juifs, le problème n'est pas religieux mais politique et territorial. Le sionisme est une idéologie colonisatrice, il se sert du judaïsme comme caution pour étendre ses limites du Nil à l'Euphrate. Et on n’en serait pas là si les États-Unis, l’OTAN et les pays arabes alliés (Arabie-Saoudite, Qatar) ne laissaient pas faire pour différentes raisons stratégiques. Donc non il ne s’agit pas d’un conflit entre juifs et musulmans.
Concernant le partage du territoire, la résolution 181 voté à New York le 29 novembre 1947 par l'assemblé générale de l'ONU a été violée par Israël. La résolution prévoyait de donner 55% des terres pour la création d’un État juif et 45% pour un État arabe. Aujourd’hui à coloniser bien plus ce qui avait été signé, et n’hésite pas à massacrer les palestiniens pour leur voler leur terre. La colonisation illégale israélienne qui ne respecte tout simplement pas l’avis de la communauté internationale, renforce le mouvement de résistance du peuple palestinien. Israël légitime ses crimes en amalgamant résistance et terrorisme, propagande entretenue par les médias et le soutien indéfectible des États-Unis qui bloque toute intervention et laisse se gangrener la situation.

Liste (non exhaustive) des résolutions de l’ONU non respectée par Israël depuis sa création : http://www.alterinter.org/spip.php?article316

A : Oui mais il faut éviter d’importer le conflit israélo-palestinien en France.

B : Mais ça on ne peut pas y échapper lorsqu’on a un gouvernement soumis au régime criminel de Benjamin Netanyahu et que le CRIF parvient à faire pression pour interdire des manifestations en soutien à Gaza sous prétexte de « troubles à l’ordre public », troubles manipulés par la Ligue de Défense Juive elle-même protégée par l’État. Cette organisation terroriste est interdite dans plusieurs pays (dont les États-Unis et Israël) mais est protégée par l’État français. D'après l’émission Compléments d'enquête consacrée à l'antisémitisme et diffusée sur France 2 le lundi 20 septembre 2004, les membres de la LDJ s’entraînent au combat dans un bâtiment public gardé par la Police nationale, ils suivent des cours de krav-maga, l'art martial de l'armée israélienne.
Lorsqu’un gouvernement prend la défense pour un État criminel, et ce de manière ostentatoire, forcément ça énerve un peu les gens, d’autant plus que ce n’est pas comme si c’était le seul sujet explosif de l’actualité : chômage, délinquance, ingérence, Grand Marché Transatlantique, etc…

A : Mais on a bien vu avec le 11 septembre et Al Qaida que l’Islam est un danger pour le monde.

B : Bon, à ce que je vois y a du boulot et je ne vais pas commencer à parler des zones d’ombres des attentats du 11 septembre, ni de la création d’Al Qaida par la CIA, il y a plein de livres à lire sur le sujet. Au passage je te rappelle (ou t’informe) que l’Empire US est un habitué des « alliances diaboliques », que ce soit récemment avec des Nazis en Ukraine, des Djihadistes en Syrie et en Lybie ou en formant Ben Laden dans les années 80 pour lutter en Afghanistan contre les russes, etc.  Cette stratégie de l’après-guerre mondiale, a amené les États-Unis à pratiquer la "stratégie du pompier pyromane" en finançant la propagation du fondamentalisme wahhabite de l'islam (issu de l'Arabie Saoudite) dans tous les pays musulmans, tout d’abord pour lutter contre le communisme, puis pour étouffer les mouvances les plus modernistes de l’Islam, désireuses d’échapper à l’impérialisme économique US. Bref, promouvoir les régimes les plus conservateurs de manière à les rendre dépendant de sociétés américaines et ainsi conserver une emprise sur les réserves d’hydrocarbures du Moyen-Orient et d’Asie centrale.

A : Je n’ai jamais entendu parler de ça à la TV.

B : C’est peut être le moment de l’éteindre ou de te poser la question des groupes industriels qui financent les médias meanstram. Pour en finir avec notre discussion, et comme tu sembles critique envers l’Islam (ce qui est ton droit), imagine qu’en France tout se passe bien entre les différentes communautés, que l’on est de retour à l’époque "Black Blanc Beurre" de la coupe du monde de foot de 1998.

A : Oui j’imagine. Et 1 et 2 et 3-O !

B : Ouais OK... Maintenant imagine que demain, suite au génocide de musulmans, les États-Unis et l’Angleterre encouragent la migration des survivants en France pour qu’ils puissent créer un État musulman dans l’hexagone. Au passage, cet État interdirait l’accès à toute personne non musulmane. Au passage, tu remarqueras que la conversion c’est plus facile que le radicalisme religieux israélien, l’Islam comme le christianisme étant des religions universalistes, il n’est pas obligé d’avoir une mère chrétienne pour l’être (mais il est vrai que le fait d’imposer ou d’exclure d’une religion peut aboutir aux mêmes dérives). Au fil du temps, cet État dans l’État grossirait et serait financé de l’extérieur par les États-Unis. Leur avancée technologique et militaire dépasserait celle de la France qui serait intentionnellement appauvrie avec  un accès restreint à l’eau comme c’est le cas aujourd’hui à Gaza.
Penses-tu que la création d’un mouvement de résistance serait injustifiée ?
Considèrerais-tu leurs actions violentes comme des actes terroristes ou bien une légitime défense contre un État oppresseur ?
Bien sûr au début, tu te dirais que ce n’est pas bien de faire la guerre, qu’avec le temps les pays voisins interviendraient pour arrêter le massacrer. Mais les années passeront et personne ne viendrait à l’aide malgré les résolutions de l’ONU. Au fil du temps, l’accès à l’éducation sera de plus en plus difficile faute de moyens, l’impossibilité de manger à sa faim amplifiera ta rancœur, puis voir ta famille et tes enfants exécutés te feront oublier tes idées pacifiques.
À ce moment là tu trouveras normal de te faire sauter avec une ceinture d’explosifs en plein centre ville bondé. Car quand tu n’as plus rien à perdre, tu es prêt à tout.

A : C’est pourquoi Israël a déjà perdu.

B : Je voulais te faire comprendre que la justice devrait transcender les clivages illusoires religieux, ethniques, communautaires. Lorsque tu vois de nombreuses photos d’enfants morts sur le net et que tu prends soin de vérifier leur source pour ne pas être manipulé par l’impact émotionnel de l’image, et bien je trouve qu’il est humain de réagir et d’informer pour espérer produire un effet sur l’opinion publique allant à l’encontre des tentatives de désensibilisation et déviations diverses (Coupe du monde,  Secret story, parti pris politique, etc…). Il en va de même pour les indiens d’Amazonie qui se battent contre le barrage de Belo-Monte, les victimes de réseaux pédophiles, les sans-abris sous les ponts, les filles violées dans la rue, etc…

A : Il n'empêche qu'il y a quand même des vrais antisémites qui défendent Gaza...

B : Ferme ta gueule.

mardi 15 juillet 2014

Certains trouveraient-ils un intérêt à ce qu'éclate une 3e Guerre Mondiale ?

Voici une compilation d'infos glanées de ci de là, pas très médiatisées car le plus souvent allant à l'encontre du "storytelling" imposé par les médias et le discours politique dominant (lui même régit par la "loi du marché"). Et c'est ça qui m'intéresse.
Témoin de l’accentuation des tensions communautaires et du repli identitaire, à travers ce mail je tente d’apporter une piste de réflexion susceptible de désamorcer  la bombe.
Ce mail n'a pas pour but de pointer du doigt telle communauté ou tel pays, mais plutôt la politique de certains gouvernements.
Libre à chacun de prendre en compte les éléments qui suivent pour compléter sa grille de lecture de l’actualité. Pour rester en vie, le système capitaliste mondial en crise semble n’avoir comme seule issue de donner une réalité au « choc des civilisations » théorisé en 1996 par  Samuel Huntington. La crise économique de 1929 a créé les conditions de la 2nde guerre mondiale, aujourd’hui l’histoire semble se répéter. Mais la version véhiculée par les médias est-elle la vérité ?


[…]" Il y a là comme une sorte d’«épidémie» psychique éminemment contagieuse, mais qui rentre trop bien dans le plan de subversion pour être «spontanée», et qui, comme toutes les autres manifestations du désordre moderne (y compris les révolutions que les naïfs croient aussi «spontanées»), suppose forcément une volonté consciente à son point de départ. "
 
Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, René Guénon, éd. Gallimard, 1945, chap. XXXVII La duperie des "prophéties", p. 249-250
Historique de la déstabilisation du Moyen Orient depuis l’après 2nde Guerre Mondiale
http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/sans-titre_496621.html#P4R6jpJzdvrUpPvh.01


Les manipulations de pouvoir au Moyen Orient avec l’interview de Georges Corm qui explique clairement en quoi le chaos actuel est la conséquence de la colonisation. Corm est historien, consultant économique, financier international, juriste et était ministre de l'économie du Liban au début des années 2000. À travers cet entretien, on comprend l’historique la stratégie de l’après-guerre mondiale, amenant les États-Unis à pratiquer la "stratégie du pompier pyromane" en finançant la propagation du fondamentalisme wahhabite de l'islam (issu de l'Arabie Saoudite) dans tous les pays musulmans, tout d’abord pour lutter contre le communisme, puis pour étouffer les mouvances les plus modernistes de l’Islam, désireuses d’échapper à l’impérialisme économique US. Bref, promouvoir les régimes les plus conservateurs de manière à les rendre dépendant de sociétés américaines et ainsi conserver une emprise sur les réserves d’hydrocarbures du Moyen-Orient et d’Asie centrale.


Extraits : « L'Occident a soutenu à la fois les mouvements politiques intégristes et les régimes dictatoriaux. Par ailleurs, le Moyen-Orient est redevenu un nain économique, car la fortune pétrolière n'a pas servi à une industrialisation rapide. En outre, la politique des deux poids, deux mesures pratiquée par l'Occident dans la région, qui a permis à Israël de continuer ses occupations de territoires en infraction au droit international, a contribué à décrédibiliser les principes démocratiques dont il se réclame et à mettre le vent en poupe aux mouvements intégristes islamiques, tous devenus antioccidentaux du fait de la permanence du stationnement des troupes américaines dans la péninsule Arabique. En fait, l'Occident, dans cette région du monde, a joué les pompiers pyromanes. Il a planté les graines des déstabilisations et des violences, et s'efforce bien maladroitement d'éteindre les incendies. L'aveuglement a été général. Certains islamologues américains et français expliquaient même sans rire, au temps de la guerre d'Afghanistan contre l'occupation soviétique, que le fondamentalisme islamique ne présentait aucun danger et qu'il était un passage obligé vers la modernité! »


Le fondamentalisme islamique comme allié pour reconfigurer le Moyen Orient ?

Pour approfondir la question de la "stratégie du pompier pyromane" des États-Unis, leur valet la France a accueilli le 27 juin dernier le meeting annuel d'une secte politique opposée à l'Iran... qui se réjouit de la progression de l’EIIL (Émirat islamique en Irak et au Levant), groupe terroriste de mercenaires chauffés à blanc pour faire le sale boulot de reconfiguration de l'Irak puis de la Syrie, suivant le plan US. À terme : créer le chaos et renverser les derniers États souverains de la région (Syrie, Iran), pour encercler un peu plus la Russie et permettre le projet sioniste de création du "Grand Israël" du Nil à l'Euphrate.
"La politique française est aujourd’hui profondément schizophrénique : d’un côté la France (comme les États-Unis) dénonce officiellement la déstabilisation d’un État par une organisation terroriste, tandis que d’un autre côté, l’Élysée participe aux côtés des États-Unis à la guerre secrète au Proche-Orient et envoie des officiers de la Légion étrangère encadrer l’ÉIIL en Syrie et en Irak."
Source : http://www.voltairenet.org/article184501.html

Le 2 mars 2007, le général Wesley Clark, ancien commandant général de l'US European Command, explique qu'au lendemain du 11 septembre 2001 il fut informé du plan de l'administration américaine : prendre le contrôle de 7 pays en 5 ans. L'Irak, la Syrie, le Liban, la Lybie, la Somalie, le Soudan et l'Iran.
https://www.youtube.com/watch?v=92KgYAshGag

Dans l’émission « C dans l’air », Gérard Chaliand donne son point de vue sur la situation chaotique en Irak et affirme que la situation a rarement été meilleure pour Israël.
https://www.youtube.com/watch?v=dYjeQcnj4NM

Aujourd’hui Israël est prêt à reconnaître un État kurde indépendant. Au passage, en juin dernier Reuven Rivlin, ancien président du Parlement israélien, et membre du parti de la droite nationaliste Likoud, a été élu par les députés 10e président d'Israël. Reuven Rivlin est un partisan du « Grand Israël ».
http://www.voltairenet.org/article184525.html

Thierry Meyssan, écrivain journaliste, au sujet des actuels bouleversements en Irak et du rôle trouble joué par Israël dans son soutien aux djihadistes de l'EIIL, à l’image du soutien des Etats-Unis et l’OTAN aux djihadistes pour renverser Bachar El-Assad en Syrie et Khadafi en Lybie auparavant. Ce conflit pourrait engloutir (directement ou indirectement) un grand nombre de pays, dont l'Irak, l'Iran et la Syrie, ainsi que le Liban, la Jordanie, la Turquie, l'Arabie saoudite, les États du Golfe et du Pakistan, conduisant à la reconfiguration du Moyen-Orient.
http://www.dailymotion.com/video/x202uy8_irib-2014-06-23-thierry-meyssan-les-djihadistes-nouveaux-allies-d-israel_news?start=0

Gog et Magog, projet sioniste du Grand Israël. 
Une motivation d'ordre mystique ?

À l'époque je me souviens que l'info était passée inaperçue. "Gog et Magog", voilà peut être un début de réponse à la question : y a t-il une motivation d'ordre mystique (antichristique) derrière l'ultralibéralisme et la recherche du profit d'une oligarchie ou bien est-ce seulement une prédation purement égoïste ? Dans sa guerre au Moyen-Orient, l'homme le plus puissant du monde George Bush Jr, voulait-il mener à "bien" un projet eschatologique crypto-biblique judéo-protestant ?

Extrait du livre "Si vous le répétez, je démentirai" de Jean-Claude Maurice, relatant sa rencontre avec Jacques Chirac et les révélations de ce dernier concernant les véritables raisons de la guerre en Irak : "Un jour plus tard, George Bush récidive, prononçant ces deux noms mystérieux lors d'une conférence de presse sur "l'axe du mal". L'Elysée consulte d'urgence un spécialiste. Pas en France, mais en Suisse, pour éviter d'éventuelles fuites. C'est Thomas Römer, professeur de théologie à l'université de Lausanne, qui est mis à contribution. Son rapport a de quoi glacer le sang. Gog, prince de Magog, c'est l'apocalypse. Ce personnage apparaît dans la Genèse, et surtout dans deux des plus obscurs chapitres du Livre d'Ezéchiel, prophétie d'une armée mondiale livrant la bataille finale à Israël. Un conflit voulu par Dieu qui doit, terrassant Gog et Magog, anéantir à jamais les ennemis du peuple élu avant que naisse un monde nouveau."
http://www.lexpress.fr/actualite/politique/chirac-bush-et-l-apocalypse_746203.html#5lU4RtsQ7LBBsYdQ.01
 

Le Grand Israël

Ce projet  Israël fait référence à des revendications historiquement sionistes puis israéliennes qui prônent l'extension de l'État d'Israël sur un territoire plus vaste. Ces revendications à caractère politique se retrouvent dans tous les milieux mais se basent sur des considérations religieuses, nationalistes ou de sécurité.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Grand_Isra%C3%ABl

Le député belge Laurent Louis rattache la déstabilisation de la Syrie au projet du Grand Israël qu’il dénonce au Parlement national en mai 2013.
https://www.youtube.com/watch?v=SGki8ZyFI1U

Une guerre mondiale évitée in extremis en Syrie

Le gouvernement a soutenu une armée de rebelles minoritaires, dont les soldats sont en partie des mercenaires venant des pays limitrophes (Turquie, Arabie saoudite...). Le peuple est majoritairement pour le régime en place, tandis que les rebelles commencent à tuer les chrétiens. L'OTAN et les USA soutiennent donc le terrorisme, leur visée est purement stratégique : La Russie possède une base militaire en Syrie, c'est un lieu de passage du pétrole, un pays voisin d'Israël et de l'Iran, l'Asie n'est pas loin, etc... Les russes n’ont pas laissé faire et quoiqu’on pense de Poutine, je pense qu’il a évité l'escalade et le déclenchement d’une 3e Guerre mondiale lors de l’attaque chimique à la Ghouta en août dernier. Attaque attribuée au régime Bachar selon la France et les Etats-Unis, ce qui fut démentit par un rapport du MIT révélant une provenance des missiles d’une zone rebelle. L’hypothèse la plus probable ? Le massacre de civils par des rebelles terroristes avait pour objectif de provoquer une intervention aérienne occidentale en leur faveur.
Source traduite en français : http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/la-syrie-et-le-rapport-du-mit-147902

Dans cet arc musulman qui relie l’Afrique à l’Asie en passant par le Moyen-Orient, révoltes et résistances se multiplient. Avec le soutien de ses alliés (l’OTAN, Israël, l’Arabie Saoudite, la Turquie) les Etats-Unis tentent de contrôler cette région riche en matières premières et traversée de voies maritimes stratégiques. Un enjeu décisif pour garder le leadership mondial face à la Russie et surtout la montée de la Chine, d’autant plus que les 2 grandes puissances seraient sur le point d’abandonner le dollar comme devise de réserve dans leurs échanges ce qui causerait ainsi l’effondrement de l’économie des Etats-Unis.
La France était prête à partir en guerre contre la Syrie avec les États-Unis, pour destituer Bachar El-Assad, certes un dictateur mais qui permettait aux différentes religions de cohabiter.

La crise Ukrainienne

"Comment la CIA prépare les révolutions colorées" : Documentaire tourné en 2005 de Manon Loizeau. Depuis la révolution serbe d’OTPOR, le même modèle a servi en Ukraine (la « révolution orange ») puis au Kirghizstan et en Biélorussie, des États traditionnellement favorable à la Russie. À chaque fois, les financements et les techniques d’insurrection sont les mêmes et dépendent étroitement de fondations américaines comme Freedom House qui assurent la formation des leaders révolutionnaires. Très utile aussi pour comprendre la situation iranienne, syrienne, etc...
http://reseauinternational.net/documentaire-comment-cia-prepare-les-revolutions-colorees/


Dans leur tentative d’arracher l’Ukraine à la sphère d’influence de la Russie, les Etats-Unis, l’UE et l’OTAN s’allient avec  des fascistes.
Extrait : "Dans leur tentative d’arracher l’Ukraine de la sphère d’influence de la Russie, les USA-UE-OTAN se sont alliés eux-mêmes avec des fascistes – et ce n’est pas la première fois. Évidemment, pendant des dizaines d’années, des millions de personnes ont « disparues » ou été assassinées par des formes paramilitaires fascistes armées et appuyées par les États-Unis. Le Moudjahidisme en Afghanistan, qui plus tard s’est métamorphosé en Al Qaeda, également extrémistes réactionnaires idéologiques, a été créé et financés par les États-Unis dans le but de déstabiliser la Russie. Et évidement c’est aussi la douloureuse réalité de la Lybie et, plus récemment, de la Syrie, où les États-Unis et leurs alliés financent et soutiennent les extrémistes Djihadistes contre un gouvernement qui a refusé de s’aligner sur les USA et Israël. Il y a ici une tendance inquiétante qui n’a jamais été perdue de vue par les observateurs politiques consciencieux. : les États-Unis font toujours cause commune avec l’extrême droite et les fascistes pour un profit géopolitique."
http://michelcollon.info/Renaissance-du-fascisme-en-Ukraine.html?lang=fr

Analyse de Giuletto Chiesa, journaliste et ancien membre du PC italien et député européen
http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/ukraine-en-route-vers-la-guerre-148853

Bernard Henri Levy , le philosophe milliardaire et accessoirement apprenti-sorcier fouteur de merde, trouve que le parti nazi ukrainien est moins dangereux que le FN.  Au passage, je rappelle que cette personne est le fer de lance de la condamnation médiatique de la « quenelle » faite par un simple humoriste…
https://www.youtube.com/watch?v=j2l5wyTqhQQ

En France...

La manipulation des médias

 
Retour en 2012 sur un exemple de manipulation de l'AFP lors de la rencontre entre Ahmadinejad et Chavez. Pour rappel, le journalisme est en crise et tous les médias "officiels" vont piocher dans l'une des trois agence de presse mondiales et généralistes que sont l’Agence France-Presse (AFP), l'américaine Associated Press et la britannique Reuters. Elles sont "sensées" collecter, vérifier, recouper et diffuser l'information, sous une forme neutre, fiable, et utilisable directement par tous types de médias (radios, télévision, presse écrite, sites internet) mais aussi par des grandes entreprises et administrations. Vidéo à diffuser et à garder en tête dès qu'on allume la TV, la radio ou lit un journal.
https://www.youtube.com/watch?v=LMzHKebH6aY&feature=share

Exemple du mépris du gouvernement et de l’allégeance des chiens de garde médiatiques
https://www.youtube.com/watch?v=WBWTdLO1UCc#t=29

Réflexions sur le rôle du FN sur l’échiquier : amalgamer fascisme et lutte (légitime) contre l’U.E. ?

 
Extrait d'une conférence de François Asselineau de l'Union Populaire Républicaine. Je ne vais pas parler ici de l'UMP et du PS, je ne tire pas sur les ambulances. 
https://www.youtube.com/watch?v=QJG-O8FNEWM

 

Autre point d’incohérence : Marine Le Pen et son nationalisme 2 poids 2 mesures
 
http://www.dailymotion.com/video/x209mdx_interrogee-sur-la-ligue-de-defense-juive-destabilisee-marine-le-pen-esquive-la-question_tv?start=156
Au passage, Jonathan Moadab  le journaliste de l'agence Info Libre qui interview Marine Le Pen, a échappé à un attentat à la bombe organisé par des jeunes de la LDJ en 2012. Leur condamnation a eu lieu il y a quelques jours, sans couverture médiatique (probablement car il n’y avait pas de récupération politique possible). Cette organisation terroriste est interdite dans plusieurs pays (dont les Etats-Unis et Israël) mais est protégée par l’État français. D'après l’émission Compléments d'enquête consacrée à l'antisémitisme et diffusée sur France 2 le lundi 20 septembre 2004, les membres de la LDJ s’entraînent au combat dans un bâtiment public gardé par la Police nationale, ils suivent des cours de krav-maga, l'art martial de l'armée israélienne.
http://www.i24news.tv/fr/actu/international/europe/35613-140627-france-2-juifs-condamnes-pour-projet-d-attentat
 

Le Qatar et son influence en banlieues

J’ai oublié de parler de l'argent versé par le Qatar dans les banlieues, l’État autorisant que des pays étrangers s'ingèrent dans les affaires du pays et financent des projets de restructuration. En gros, l'abandon des politiciens est tel, qu'on laisse faire l'ingérence extérieure. Et le Qatar tout comme l'Arabie Saoudite (alliés des Etats-Unis) ne donnent pas de l'argent sans contrepartie bien sûr, et leur vision de l'Islam pervertie (le Wahabisme) fait partie de cette contrepartie. Ce n'est pas un hasard si le club de foot du PSG fut racheté, le foot étant l'opium du peuple chez nous. Le but visé par le Qatar et les USA est de détruire tout souverainisme par la division en communautés exacerbées. Une population divisée est davantage contrôlable. Israël et sa politique sioniste exacerbe sa propre communauté en France et veut la pousser à faire leur Alya (partir vivre en Israël) en accentuant la paranoïa antisémite. Le tout forme un super cocktail prêt à exploser n'importe quand.
http://www.marianne.net/Le-Qatar-a-l-assaut-de-la-France-et-de-ses-banlieues_a228434.html

Tous ces articles et vidéos ont pour but de vous ouvrir à une autre vision de la géopolitique, en grande partie dissimulée par le brouhaha médiatique cherchant à faire diversion sur les véritables enjeux.  Sans manichéisme et sans volonté d'influencer qui que ce soit,  cette synthèse n’est qu’une piste qui doit être creusée pour avoir une vue d’ensemble et ainsi mieux comprendre les manipulations dont nous sommes tous victimes à des degrés divers.
Moi peut être le 1er ?

« Entre toutes les choses plus ou moins incohérentes qui s’agitent et se heurtent présentement, entre tous les « mouvements » extérieurs de quelque genre que ce soit, il n’y a donc nullement […] à « prendre parti », suivant l’expression employée communément, car ce serait être dupe, et, les mêmes influences s’exerçant en réalité derrière tout cela, ce serait proprement faire leur jeu que de se mêler aux luttes voulues et dirigées invisiblement par elles ; le seul fait de « prendre parti » dans ces conditions constituerait donc déjà en définitive, si inconsciemment que ce fût, une attitude véritablement antitraditionnelle. »
 
Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, René Guénon, éd. Gallimard, 1945, chap. XXXI Tradition et traditionnalisme, p. 208.

jeudi 12 juin 2014

La science économique où la foi en l'égoïsme comme centre de l'activité rationnelle de l'homme

[...] Cette grande tradition de l'économie politique remonte à la doctrine mercantiliste qui émerge au XVIe siècle, en même temps que les frontières nationales commencent à se dessiner en Europe, et cherche alors à assurer la prospérité des royaumes et leur puissance économique. Elle résulte de traditions anciennes qui viennent se conjuguer dans le grand essor intellectuel de l'Europe de la Renaissance, puis des débuts des Lumières. Tout d'abord les traditions du monde antique gréco-romain, où l'économie visait à développer la bonne gestion des domaines agricoles et de l'économie domestique des grandes familles agnatiques. Ensuite, les enseignements de l'Église romaine sur le devoir d'assistance de la veuve et de l'orphelin, mais aussi des plus pauvres, enseignements qui seront considérablement développés au XIIe siècle par Saint Thomas d'Aquin - à qui nous devons la notion de bien public, mais aussi, de façon logique, la condamnation de l'enrichissement sans cause, notion fondamentale d'une moralisation de la vie économique.

Lorsque le pouvoir économique de l'Église s'affaiblit, notamment suite aux révoltes protestantes et à la sécularisation des biens du clergé dans ce nombreuses parties de l'Europe gagnées aux différentes formes de protestantisme, puis plus tard dans la Révolution française, la charge d'assurer le bien public revient aux États. Ces derniers deviennent de plus en plus puissants à mesure que les frontières des royaumes se précisent et que diminue le rôle de l'Église dans la gestion de la société. L'Église catholique restera, cependant, une puissance morale forte dans le domaine économique et social. Durant toutes les phases de la révolution industrielle en Europe, elle continuera de prêcher le souci du bien-être de l'homme, qui ne saurait être conduit par des intérêts exclusivement matériels et à qui il convient en conséquence d'assurer des moyens décents d'existence et qui ne saurait être asservi par les ambitions matérielles des plus puissants.

Contrairement à ce que l'on croit souvent, les théories socialistes de l'économie ne sont donc pas nées dans un vide culturel, elles ont été incontestablement influencées par toutes ces traditions. L'image du Christ chassant les marchands du temps ou montrant sa sollicitude aux plus humbles ne s'est jamais effacée des mémoires, du moins en pays catholique. Ce sont certaines formes du protestantisme, vantant le succès dans l'accumulation de richesses comme étant un signe de la grâce de Dieu accordée à certains individus, qui ont contribué à faire reculer la notion de bien public, chère à Saint Thomas.

Par la suite, les théories de Max Weber (1864-1920) sur le protestantisme et l'"esprit du capitalisme" provoqueront un ravage dans la pensée économique. Le monde anglo-saxon, imprégné d'une culture économique individualiste fondée sur les croyances protestantes, trouvera dans la thèse de Weber un complément fort utile aux théories d'Adam Smith sur la division du travail et la nécessité du libre-échange pour assurer la prospérité des nations.
Désormais, les graines de la transformation de l'économie politique en "science" économique sont semées. Cette transformation va supprimer progressivement la mémoire et la culture, mais aussi l'éthique et la morale, réduisant le droit à une série de techniques permettant de s'enrichir individuellement et non de protéger le bien-être collectif par le respect des règles assurant la cohérence et la justice dans la bonne gestion de la société.

Comme nous l'avons vu au chapitre 1, par un détournement de la pensée des Lumières, l'idée simpliste que l'égoïsme individuel est le meilleur moteur de la prospérité de la société va faire son chemin et deviendra le credo enseigné comme postulat de base de la science économique. L'égoïsme étant considéré comme le centre de l'activité rationnelle de l'homme, la porte était ainsi ouverte à l'invasion des modèles mathématiques prétendant reproduire la rationalité des conduites individuelles et donc de prédire tous les comportements futurs. Les sciences sociales en général, mais plus particulièrement l'économie, ont été ainsi envahies par des mesures quantitatives mathématisées de toutes les activités humaines. Cette épistémologie abstraite, mathématiquement modélisée, permet à l'enseignement de l'économie, on le verra, de se débarrasser de tout repère éthique et de légitimer les spéculations financières les plus débridées.


Le nouveau gouvernement du monde, Georges Corm, éd. La Découverte / Poche, 2010, p. 117-118

samedi 7 juin 2014

"Bien" et "Mal" dans la métaphysique de René Guénon

Beaucoup, se laissant tromper par les apparences, s’imaginent qu’il y a dans ce monde comme deux principes opposés (le Bien et le Mal) se disputant la suprématie, conception erronée qui est, au fond, la même chose que celle qui, en langage théologique, met Satan au même niveau que Dieu, et que, à tort ou à raison, on attribue communément aux Manichéens […]

C’est toujours en somme, le point de vue partiel qui est « maléfique », et le point de vue total, ou relativement tel par rapport au premier, qui est « bénéfique », parce que tous les désordres possibles ne sont tels qu’en tant qu’on les envisage en eux-mêmes et « séparativement », et dont, dépouillés de leur aspect « négatif », ils sont des éléments constitutifs au même titre que toute autre chose ; en définitive, il n’y a de « maléfique » que la limitation qui conditionne nécessairement toute existence contingente, et cette limitation n’a elle-même en réalité qu’une existence purement négative. Nous avons parlé tout d’abord comme si les deux points de vue « bénéfique » et « maléfique » étaient en quelque sorte symétriques ; mais il est facile de comprendre qu’il n’en est rien, et que le second n’exprime que quelque chose d’instable et de transitoire, tandis que ce que représente le premier a seul un caractère permanent et définitif, de sorte que l’aspect « bénéfique » ne peut pas ne pas l’emporter finalement, alors que l’aspect « maléfique » s’évanouit entièrement, parce que, au fond, il n’était qu’une illusion inhérente à la « séparativité ». Seulement, à vrai dire, on ne peut plus alors parler proprement de « bénéfique », non plus que de « maléfique », en tant que ces deux termes sont essentiellement corrélatifs et marquent une opposition qui n’existe plus, car, comme toute opposition, elle appartient exclusivement à un certain domaine relatif et limité ; dès qu’elle est dépassée, il y a simplement ce qui est ; et c’est ainsi que, si l’on veut aller jusqu’à la réalité de l’ordre le plus profond, on peut dire en toute rigueur que la « fin d’un monde » n’est jamais et ne peut jamais être autre chose que la fin d’une illusion.

Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, René Guénon, éd. Gallimard, 1945, chap. XL La fin d'un monde, p. 271-272


Il faut lire lentement pour bien intégrer le concept. Lorsque l'on parle de point de vue partiel inclus (et non opposé) dans un point de vue total, cela peut s'appliquer analogiquement à tous les degrés, qu'il s'agisse d'un être ou d'un monde.
À partir de ce concept, il est plus facile de percevoir un "plan divin" à travers l'enchaînement des cycles terrestres imbriqués dans le Manvantara actuel, c'est-à-dire le cycle de l'humanité toute entière.
Toute existence, tout événement (jugé positif ou négatif par notre point du vue humain limité), toute décision, tout refus d'agir, est lié aux Karmas de chacun. L'ensemble des expériences humaines, conscientes et inconscientes (de nos vies antérieures?) constituent l'âme du monde. À cette échelle supra-humaine, la séparation n'existe plus, nous sommes un TOUT, comme notre corps humain est un TOUT bien que constitué de membres différents, eux même constituées de cellules, qui sont le résultat de l'agglomération d'atomes, etc... 
À cette échelle, Satan (la séparation / limitation, Saturne) est vaincu par le "bénéfique" qui l'englobe et redevient un ange serviteur comme à l'origine, dès lors l'illusion de la prétendue égalité entre Dieu et Diable se dissipe puisqu'au final ce dernier sert les intérêts du 1er (sans en être conscient) par les épreuves qu'il soumet à l'homme. Ces épreuves sont autant de prise de conscience possibles propices à l'évolution spirituelle, évolution qui est le plus souvent visible en "dézoomant" à l'échelle d'une vie ou de plusieurs réincarnations.

En fait, je pense que si l'on parvient à comprendre ce passage du livre de Guénon, on peut se faire une idée plus précise du Sens de la Vie.

samedi 26 avril 2014

Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps

René Guénon également connu sous le nom d'Abd al-Wâhid Yahyâ est né à Blois le 15 novembre 1886 et est mort au Caire en Égypte le 7 janvier 1951. Ces livres ont trait, principalement, à la métaphysique, à l'ésotérisme et à la critique du monde moderne.

Son œuvre oppose les civilisations restées fidèles à l'« esprit traditionnel » qui, selon lui, « n'a plus de représentant authentique qu'en Orient » à l'ensemble de la civilisation moderne, considérée comme déviée. Elle a modifié en profondeur la réception de l'ésotérisme en Occident dans la seconde moitié du XXe siècle, et a eu une influence marquante sur des auteurs aussi divers que Mircea Eliade, Hubert Benoit, Raymond Queneau ou encore André Breton. 


Source Wikipédia

L'"esprit moderne" obéirait au principe de l'entropie et serait le fruit d'une dégradation progressive de la "Tradition" dans le sens "Guénonien" du terme. Notre époque se rapprocherait de la copie inversée de ce qu'était le monde à l'origine de l'humanité : inversement des valeurs, prédominance du rationalisme et du matérialisme, culte du Veau d'Or et étouffement de toute spiritualité, séparation de l'homme et de la nature, développement du binôme division / uniformisation (opposés à celui de l'unité / division)...
Quoique nous fassions, nous sommes tous imprégnés de l'"esprit moderne" propre à la fin de l'ère du Kali Yuga, époque la plus éloignée de l'âge d'Or de la "Tradition" originelle et universelle d'avant l'Histoire connue (il y a + de 4 millions d'années) selon la cosmogonie hindoue 
Ce que Guénon appelle la "Tradition" est une sagesse immuable d'origine divine, une "Tradition Primordiale", transmise depuis l'origine de l'humanité et restaurée en partie par chaque fondateur d'une nouvelle religion, mais progressivement pervertie et détournée par les transmetteurs des religion et par l'évolution naturelle du monde. 
Cette "dégradation" (mot probablement impropre) fait dont partie du "plan", car comme le dit René Guénon page 7 du "Règne de la Quantité" : "Même les erreurs sont justifiées : car tout ce qui existe en quelque façon que ce soit, même l’erreur, a nécessairement sa raison d’être, et le désordre lui-même doit finalement trouver sa place parmi les éléments de l’ordre universel." 

Ce qui rappelle un peu la phrase du Christ (Mattieu 18 v7-11) : "Malheur au monde à cause des scandales ! Car il est nécessaire qu’il arrive des scandales; mais malheur à l’homme par qui le scandale arrive !" 

Pour résumer, le bordel mondial est inévitable (pour aboutir à l'éveil des consciences?) et ce phénomène s'accélère comme le phénomène de la chute libre ; le tout est d'en être conscient et de ne pas pour autant soi-même un générateur de chaos par sa façon de vivre. Du moins, c'est comme ça que je comprends cette facette de la métaphysique de Guénon.

Parmi les ouvrages lus de l'auteur, la "Crise du monde moderne" et "Règne de la Quantité et les Signes des Temps" (écrits respectivement en 1927 et 1945) anticipent de manière très précise et impressionnante, l'état du monde dans lequel nous vivons en ce début de XXIe siècle.

Extrait du "Règne de la Quantité et les Signes des Temps" : 


La vérité est que cet esprit moderne, chez tous ceux qui en sont affectés à un degré quelconque, implique une véritable haine du secret et de tout ce qui y ressemble de près ou de loin, dans quelque domaine que ce soit ; [...] Au fond, le véritable secret, et d’ailleurs le seul qui ne puisse jamais être trahi d’aucune façon, réside uniquement dans l’inexprimable, qui est par là même incommunicable, et il y a nécessairement une part d’inexprimable dans toute vérité d’ordre transcendant ; c’est en cela que réside essentiellement, en réalité, la signification profonde du secret initiatique ; un secret extérieur quelconque ne peut jamais avoir que la valeur d’une image ou d’un symbole de celui-là, et aussi, parfois, celle d’une « discipline » qui peut n’être pas sans profit. Mais, bien entendu, ce sont là des choses dont le sens et la portée échappent entièrement à la mentalité moderne, et à l’égard desquelles l’incompréhension engendre tout naturellement l’hostilité ; du reste, le vulgaire éprouve toujours une peur instinctive de tout ce qu’il ne comprend pas, et la peur n’engendre que trop facilement la haine, même quand on s’efforce en même temps d’y échapper par la négation pure et simple de la vérité incomprise ; il y a d’ailleurs des négations qui ressemblent elles-mêmes à de véritables cris de rage, comme par exemple celles des soi-disant « libres-penseurs » à l’égard de tout ce qui se rapporte à la religion.

La mentalité moderne est donc ainsi faite qu’elle ne peut souffrir aucun secret ni même réserve ; de telles choses, puisqu’elle en ignore les raisons, ne lui apparaissent d’ailleurs que comme des « privilèges » établis au profit de quelques-uns, et elle ne peut non plus souffrir aucune supériorité ; si on voulait entreprendre de lui expliquer que ces soi-disant « privilèges » ont en réalité leur fondement dans la nature même des êtres, ce serait peine perdue, car c’est précisément là ce que nie obstinément son « égalitarisme ». Non seulement elle se vante, bien à tort d’ailleurs, de supprimer tout « mystère » par sa science et sa philosophie exclusivement « rationnelles » et mises « à la portée de tout le monde » ; mais encore cette horreur du « mystère » va si loin, dans tous les domaines, qu’elle s’étend même jusqu’à ce qu’on est convenu d’appeler la « vie ordinaire ».
Pourtant, un monde où tout serait devenu « public » aurait un caractère proprement monstrueux ; nous disons « serait », car, en fait, nous n’en sommes pas encore tout à fait là malgré tout, et peut-être même cela ne sera-t-il jamais complètement réalisable, car il s’agit encore ici d’une « limite » ; mais il est incontestable que, de tous les côtés, on vise actuellement à obtenir un tel résultat, et, à cet égard, on peut remarquer que nombre d’adversaires apparents de la « démocratie » ne font en somme qu’en pousser encore plus loin les conséquences s’il est possible, parce qu’ils sont, au fond, tout aussi pénétrés de l’esprit moderne que ceux-là mêmes à qui ils veulent s’opposer. Pour amener les hommes à vivre entièrement « en public », on ne se contente pas de les rassembler en « masse » à toute occasion et sous n’importe quel prétexte ; on veut encore les loger, non pas seulement dans des « ruches » comme nous le disions précédemment, mais littéralement dans des « ruches de verre », disposées d’ailleurs de telle façon qu’il ne leur sera possible d’y prendre leurs repas qu’ »en commun » ; les hommes qui sont capables de se soumettre à une telle existence sont vraiment tombés à un niveau « infrahumain », au niveau, si l’on veut, d’insectes tels que les abeilles et les fourmis ; et on s’efforce du reste, par tous les moyens, de les « dresser » à n’être pas plus différents entre eux que ne le sont les individus de ces espèces animales, si ce n’est même moins encore.
[...] La haine du secret, au fond, n’est pas autre chose qu’une des formes de la haine pour tout ce qui dépasse le niveau « moyen », et aussi pour tout ce qui s’écarte de l’uniformité qu’on veut imposer à tous ; et pourtant il y a, dans le monde moderne lui-même, un secret qui est mieux gardé que tout autre : c’est celui de la formidable entreprise de suggestion qui a produit et qui entretient la mentalité actuelle, et qui l’a constituée et, pourrait-on dire, « fabriquée » de telle façon qu’elle ne peut qu’en nier l’existence et même la possibilité, ce qui, assurément est bien le meilleur moyen, et un moyen d’une habileté vraiment « diabolique », pour que ce secret ne puisse jamais être découvert.


Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, René Guénon, éd. Gallimard, 1945, chap. XII La Haine du Secret, p. 88
 

samedi 19 avril 2014

"Nature et spiritualité" de Jean-Marie Pelt (Extrait)

La Réforme conduite par Calvin devait cependant aboutir en Angleterre à une forme de christianisme plus austère, le puritanisme. Les puritains anglais critiquaient les vestiges de la tradition catholique dans l’Église anglicane. Ils regrettaient que ses ornements et ses rituels rappelassent par trop les catholiques. Hostiles aux traditions, à la sentimentalité, au luxe, à l’irrationnel qu’ils considéraient comme aussi inefficace qu’inutile, ils revendiquaient un culte sans apparat, une morale stricte allant jusqu’à contester les divertissements dominicaux. Persuadés de vivre au plus près des pratiques des premiers chrétiens, ils avaient conscience de constituer une élite au cœur des religions anglicanes et même réformées.

Mais ils furent à leur tour contestés en Angleterre pour la vigueur avec laquelle ils défendaient leurs idées. Au milieu du XVIIe siècle, ils émigrèrent en Amérique du Nord sous le nom de « pères pèlerins ». On se souvient de la célèbre épopée du Mayflower, lorsqu’ils débarquèrent en novembre 1620 sur la côte est des États-Unis. Puis d’autres vagues suivirent. Un puissant idéal messianique les animait. Ils ne se considéraient pas moins que le peuple élu de dieu, le nouvel Israël dont l’Amérique était la Nouvelle Jérusalem. Du coup, ils traitèrent avec mépris les Indiens, considérés comme les survivants d’une race maudite. C’est de ces puritains que traite Max Weber dans son célèbre essai ("l'Éthique protestante et l'esprit du capitalisme").

Ils ne condamnent nullement la richesse. Ils n’en font cependant pas étalage et ne lui reconnaissent de valeur morale que si, favorable au développement des entreprises, elle s’investit dans le capital. Quelle meilleure définition du capitalisme : par un glissement sémantique très suggestif, les biens… c’est le Bien ! La pauvreté, le malheur, le Mal.

Ce capitalisme puritain, à l’origine du grand capitalisme américain, n’est pas ostentatoire, afin de ne point susciter de jalousies. Il se veut moral. De puissantes et discrètes fondations humanitaires sont créées. Rien de comparable avec le capitalisme financier et spéculatif d’aujourd’hui où l’on achète et revend des entreprises dans le seul but de réaliser immédiatement un maximum de profit et dans le plus parfait mépris des salariés, simple variable d’ajustement dans les bilans. Ce capitalisme-là est parfaitement immoral, mais une attitude prédatrice à l’échelle planétaire. Il a réussi ce tour de force d’instaurer pour la première fois dans l’histoire une seule et unique civilisation : celle de l’argent.

Pour ces puritains, le succès professionnel est le signe d’une élection divine dont bénéficient tout naturellement les membres du nouvel Israël. Ils actualisent une idée très présente dans l’Ancien Testament, selon laquelle la richesse est un don de Dieu ; mais une idée qui s’inscrit précisément en rupture avec les fondements du christianisme où il est beaucoup plus question d’humilité, de douceur, de sobriété et d’abandon entre les mains de la Providence.

Voici donc que s’esquisse un étonnant parallélisme entre le judaïsme et le puritanisme protestant américain. Un parallélisme dont témoigne toujours notre époque. On sait en effet les étroites convergences entre une fraction du protestantisme américain, parfaitement représentée par la sensibilité religieuse d’un George Bush, et l’élite du judaïsme de ce pays. Ne sont-ils pas étroitement associés à la lutte contre l’ « axe du Mal » ? Les plus prosélytes des évangélistes rêvent, contre toute logique, de conquêtes et de conversions en terres d’Islam, affirmant, parfois sans mesure, les droits d’Israël, mais en se montrant moins regardants sur les devoirs de cet État à l’égard des Palestiniens. Autre parallélisme : entre le refoulement par les uns des Indiens d’Amérique hors de leur sol et, par les autres, des populations palestiniennes dans des enclaves qui n’ont plus rien d’un État.

Dans la perspective développée par Max Weber la conciliation de Dieu et de l’argent va plus loin encore, puisque sur le billet vert, le dollar, figure l’invocation du nom du Très-Haut. Étrange rabibochage de Dieu et de Mammon !

L’ordre marchand cher à Jacques Attali est allé de succès en succès, de « cœur en cœur ». C’est le mot qu’il utilise pour mettre en lumière sa progression de cité en cité : Bruges d’abord, connaissant son apogée au XIIIe siècle puis déclinant tandis que le relais était pris par d’autres : Venise, puis dans l’ordre, Anvers, Gênes, Amsterdam, Londres, Boston, New York et aujourd’hui Los Angeles, capitale des nouvelles technologies qui désormais dominent le monde.
Les philosophes des Lumières qui firent rayonner la France au XVIIIe siècle relaient les valeurs de ce qu’on appelle désormais le capitalisme. La « bonne Nature », celle de Rousseau, est généreuse, qui prodigue en abondance ses bienfaits aux hommes afin qu’ils puissent vivre confortablement, se procurer des ressources, réduire au maximum leurs contraintes, faire de la terre un inépuisable réservoir de richesses. Deux siècles plus tôt, les conquistadores espagnols n’avaient-ils pas ramené par galions entiers l’or du Pérou ? Les richesses étant considérées comme infinies, et la liberté de les acquérir comme inaliénable, un lien étroit s’établit entre le monde des marchands et l’idéologie de la liberté : l’idéologie libérale. La nature n’est plus alors perçue comme source d’émotion, d’émerveillement et de contemplation, mais comme source d’enrichissement. On vante la « production de richesses », expression à la mode dans le vocabulaire libéral, quitte à ce que les ressources pour les produire s’épuisent. Tel est déjà l’enjeu majeur de l’économie de ce XVIIIe siècle où le libéralisme va bientôt s’avérer utopique.


Jean-Marie Pelt, Nature et spiritualité, p. 179 - Ed. Le Livre de poche.

Photo prise à Nyons le 27 mai 2011 à l'occasion d'une conférence du célèbre écologiste-botaniste Jean-Marie Pelt, sur les thèmes de l'écologie et de la solidarité.