dimanche 10 mai 2026

"La psychanalyse sacrement du diable"

"La psychanalyse sacrement du diable" est un livre de l'astrologue traditionnel Hadès - de son vrai nom Alain Yaouanc - publié en 1987. L'auteur y fait le parallèle entre la psychanalyse et la contre-initiation décrite par le métaphysicien René Guénon et s’appuie sur l'astrologie pour appuyer son argumentaire.

Tout d'abord qu'est-ce que la contre-initiation ? Ce terme est utilisé pour désigner les forces et les influences opposées à la véritable initiation spirituelle et à l’ordre cosmique établi par la Tradition primordiale, originellement partagée par l'ensemble de l'humanité durant l'âge d'Or, mais qui se serait progressivement perdue à mesure que nous avancions dans le Manvantara actuel, ère cosmologique entre deux déluges d'environ 307 millions d'années se terminant par le Kali-Yuga, 4e et dernier âge le plus éloignée du Principe divin, selon la cosmogonie hindoue.

Alors que l’initiation authentique conduit à une élévation spirituelle et à une réintégration dans l’Unité divine, la contre-initiation, quant à elle, mène à la confusion, à l’inversion des principes et, in fine, à la dissolution de l’ordre sacré. Dans le monde moderne, les manifestations de la contre-initiation sont omniprésentes, particulièrement dans les domaines politique, sociétal et culturel. Elles traduisent une déviation systématique des principes métaphysiques et une tendance à renverser l’ordre hiérarchique universel.

La contre-initiation se distingue de l’ignorance spirituelle ordinaire, car elle est caractérisée par une connaissance pervertie. Ceux qui sont sous l’influence de la contre-initiation ne sont pas simplement des individus ignorants de la Vérité, mais souvent des agents conscients ou inconscients d’une connaissance dévoyée, orientée vers la dissolution et l’inversion des valeurs traditionnelles. La contre-initiation ne vise pas seulement à éloigner l’humanité de la Connaissance divine, elle cherche à renverser les principes mêmes qui soutiennent l’ordre cosmique. Elle se manifeste par des mouvements, des idéologies ou des structures qui détournent les symboles et les rites de leur sens sacré pour en faire des instruments de domination ou de désordre.

À partir de ce concept, Hadès explique dans son ouvrage que la psychanalyse répond aux critères de la contre-initiation, parodiant les rapports de filiation de maître à élève de la transmission initiatique. Après un retour sur les origines de la psychanalyse via un portrait de Sigmund Freud, Hadès aborde la notion d'inconscient collectif de Jung, la révolte de ce dernier vis-à-vis de son maître et la diffusion de la psychanalyse au cours du XXe siècle, facilitée par la dissolution inhérente à la fin du Kali-Yuga. Cette phase suit celle de la solidification du monde sensible durant l'ère industrielle, laquelle permis de couper le lien avec la Source, dont quelques vestiges continuaient à subsister dans les religions majoritairement remplacées par l'athéisme occidental. Dès lors, des fissures sont apparues sur "la grande muraille" qui entoure ce monde et le protège contre l’intrusion des influences maléfiques du domaine subtil inférieur.

Au fil du livre d'Hadès, la construction psychothérapeutique est présentée et ses méfaits dénoncés. L'analyse des thèmes astraux de Freud et de entourage viennent illustrer son discours et des similarités de placements planétaires sont mis à jour (importance de la Maison VIII et des planètes transpersonnelles en exil ou chute, etc.).

Hadès reproche à la psychanalyse d'être matérialiste, essentiellement tournée vers la sexualité et donc réductrice de la complexité des mécanismes de l'être. S'opposant à l'initiation qui vise l'Unité, le freudisme créerait la confusion, renforcerait l'ego et pousserait à la division, par exemple en rejetant sur l'autre toutes nos difficultés. La fragmentation de l'individualité serait aussi source d'angoisses allant à l'encontre de l'objectif de guérison psychique, avec le risque de "possession". Danger qu'évoquait Guénon, mais aussi Sri Aurobindo (note de moi-même) lequel expliquait que l'exploration des profondeurs laquelle se devait d'être proportionnelle à l'ascension : 

"La psychologie contemporaine s’est avisée aussi de l’importance du subconscient et de la nécessité du nettoyage; seulement ils n’ont vu qu’une moitié du tableau, le subconscient sans le Supraconscient, et ils ont cru qu’avec leurs petites lueurs mentales, ils pourraient éclairer cette caverne de voleurs; autant descendre dans la jungle, armé d’une lampe de poche ; En fait, le plus souvent, ils ne voient du subconscient que l’envers du petit bonhomme frontal ; car il est une loi psychologique fondamentale, à laquelle personne n’échappe, à savoir que la descente est proportionnelle à l’ascension : on ne peut pas descendre plus bas que l’on est monté. Parce que la force qu’il faut pour descendre est celle-là même qu’il faut pour monter; si par quelque accident nous descendions plus bas que notre capacité de hauteur, il en résulterait automatiquement un accident, possession ou folie, parce que nous n’aurions pas la force correspondante."

Seul le psychothérapeute Alfred Adler semble trouver grâce aux yeux d'Hadès par son travail sur les mécanismes de compensation. Ceux-ci visent à remplacer un sentiment pénible par son opposé : le sentiment d'infériorité par un sentiment de supériorité, l'impuissance par une volonté de puissance, etc. Son mécanisme est le plus souvent inconscient, et a en général un effet positif (réalisation sociale, créativité). Une vision qu'Hadès rapproche de sa pratique astrologique.

Le passage du livre qui pourrait dérouter certains lecteurs est le 1er chapitre dans lequel Hadès nous dit que Freud serait l'un des « bâtisseurs » de la fin de cycle qui précéderont la naissance de l'Antéchrist, comme le miroir inversé des rois mages qui ont précédé celle du Christ. Karl Marx et Albert Einstein seraient les deux autres (pages 29-30). Tout comme Guénon, Hadès relève ici le côté négatif de la renonciation au judaïsme chez ces personnes issus de milieux religieux, tout comme le rôle néfaste de l'abandon du christianisme par les occidentaux était dénoncé. Guénon écrivait à ce sujet que se détacher d'une forme traditionnelle, c'est-à-dire de Dieu, amenait forcément à se rattacher à autre chose, même inconsciemment. Sigmund Freud (L'Empire souterrain), Karl Marx (l'Empire de la Terre) et Albert Einstein (La libération de la matière) auraient rejoins le côté “maléfique” et dissolvant du nomadisme dévié, lequel prédomine inévitablement chez les Juifs détachés de leur tradition.

On apprend ainsi que Freud voulait être un nouveau Moïse prenant possession de la terre promise de la psychiatrie. Hadès utilise cette information pour montrer l'utilisation à contre-courant de symboles religieux.

Un passage intéressant du livre (p.27) fait le parallèle entre le Christ et l'Antéchrist. Hadès explique ainsi que "l'Antéchrist rassemblera, à rebours, tous les principaux événements de la vie du Christ" :

Christ annoncé par les prophéties / Antéchrist annoncé dans les « hadiths » de Mahomet, dans les Livres Sacrés, etc...

Christ de race juive / Antéchrist sera de race juive.

Christ naît en Palestine / Antéchrist naîtra en Palestine.

"Mon royaume n'est pas de ce monde" / "Mon royaume est tout entier de ce monde"

Christ guérit de la maladie fait sortir les démons / Antéchrist fera œuvre de possédé, les démons lui obéiront.

Christ a eu douze disciples et un préféré (Jean), correspondance entre ces disciples et les différents signes du Zodiaque, ainsi Jean (Scorpion), Pierre (Capricorne), Judas (Poissons), etc... / Antéchrist aura douze disciples et un préféré.

Christ naît d'une vierge / Antéchrist naît d'un adultère.

Harmonie physique et spirituelle du Christ / Antéchrist poussera la disharmonie à son maxima, défauts physiques.

"Fuite" en Égypte du Christ / Exil du lieu de naissance pour l'Antéchrist.

En conclusion, j'ai trouvé le livre "La psychanalyse sacrement du diable" très intéressant par sa tentative de prolongement de l'œuvre de Guénon sous un angle astrologique. Maintenant je suis parfaitement conscient qu'un tel ouvrage aurait du mal à être diffusé aujourd'hui tant la psychanalyse s'est ancrée et banalisée dans la société, tandis que la Tradition est reléguée au rayon des bondieuseries poussiéreuses et réactionnaires, si elle n'est pas carrément rattachée à l'extrême droite. En ce sens, le livre d'Hadès a probablement un caractère sulfureux qu'il ne devait pas avoir il y a 40 ans, ce qui pourrait donner raison à l'idée d'un obscurcissement spirituel inhérent à la phase finale du Kali-Yuga. Ainsi, je déconseillerais ce livre aux lecteurs qui n'auraient pas un minimum de connaissances traditionnelles au préalable, sous peine d'une interprétation de l'ouvrage biaisée par l'imprégnation de la mentalité moderne (indépendamment de la véracité ou de la fausseté de la thèse proposée par Hadès). Il faut également souligner que la critique de la psychanalyse faite par Hadès, repose également sur une lucidité par rapport à l'inéluctabilité de la dégénérescence du cycle. S'il ne cautionne pas la confusion de son époque, il sait néanmoins que l'humanité doit en passer par là.

"Malheur au monde à cause des scandales! Car il est nécessaire qu'il arrive des scandales; mais malheur à l'homme par qui le scandale arrive !" Mathieu 18:7

À une époque où l'eschatologie des religions monothéistes est remise sur le devant de la scène par la guerre au Proche-Orient, la lecture de ce livre résonne étrangement avec l'actualité.



lundi 29 août 2022

Science sacrée et science profane

« Nous disions plus haut qu'un des caractères de l'époque actuelle, c'est l'exploitation de tout ce qui avait été négligé jusque là comme n'ayant qu'une importance trop secondaire pour que les hommes y consacrent leur activité, et qui devait cependant être développé aussi avant la fin de ce cycle, puisque ces choses avaient leur place parmi les possibilités qui y étaient appelées à la manifestation ; ce cas est précisément, en particulier, celui des sciences expérimentales qui ont vu le jour en ces derniers siècles. Il est véritablement, au sens le plus littéral, des « résidus » de sciences anciennes, aujourd'hui incomprises : c'est la partie la plus inférieure de ces dernières qui, s'isolant et se détachant de tout le reste dans une période de décadence, s'est grossièrement matérialisée, puis a servi de point de départ à un développement tout différent, dans un sens conforme aux tendances modernes, de façon à aboutir à la constitution de sciences qui n'ont réellement plus rien de commun avec celles qui les ont précédées. C’est ainsi que, par exemple, il est faux de dire, comme on le fait habituellement, que l'astrologie et l'alchimie sont devenues respectivement l'astronomie et la chimie modernes, bien qu'il y ait dans cette opinion une certaines part de vérité qui est exactement celle que nous venons d'indiquer : si les dernières de ces sciences procèdent en effet des premières en un certain sens, ce n'est point par « évolution » ou « progrès » comme on le prétend, mais au contraire par dégénérescence ; et ceci appelle encore quelques explications.

Il faut remarquer, tout d'abord, que l'attribution de significations distinctes aux termes d' « astrologie » et d' « astronomie » est relativement récente ; chez les Grecs, ces deux mots étaient employés indifféremment pour désigner tout l'ensemble de ce à quoi l'un et l'autre s'appliquent maintenant. Il semble donc, à première vue, qu'on ait encore affaire dans ce cas à une de ces divisions par « spécialisation » qui se sont établies entre ce que, tandis qu'une de ces parties, celle qui représentait le côté le plus matériel de la science en question, l'autre partie, par contre, disparaissait entièrement. Cela est tellement vrai qu'on ne sait plus aujourd'hui ce que pouvait être l'astrologie ancienne, et que ceux mêmes qui ont essayé de la reconstituer ne sont arrivés qu'à des véritables contrefaçons, soit en voulant en faire l'équivalent d'une science expérimentale moderne, avec intervention des statistiques et du calcul des probabilités, ce qui procède d'un point de vue qui ne pouvait en aucune façon être celui de l'antiquité ou du moyen âge, soit en s'appliquant exclusivement à restaurer un « art divinatoire » qui ne fut guère qu'une déviation de l'astrologie en voie de disparition, et où l'on pourrait voir tout au plus une application très inférieure et assez peu digne de considération, ainsi qu'il est encore possible de la constater dans les civilisations orientales. »

[René Guénon, La crise du monde moderne, chap. IV – Science sacrée et science profane (p. 89-90]


jeudi 13 janvier 2022

666

 "Et elle fit que tous, petits et grands, riches et pauvres, libres et esclaves, reçussent une marque sur leur main droite ou sur leur front, et que personne ne pût acheter ni vendre, sans avoir la marque, le nom de la bête ou le nombre de son nom. C’est ici la sagesse. Que celui qui a de l’intelligence calcule le nombre de la bête. Car c’est un nombre d’homme, et son nombre est six cent soixante-six."

Apocalypse de Saint-Jean

Un passage de la Bible qui peut faire écho à cet article du Dauphiné Libéré du 22 décembre 2021 consacré au développement par une entreprise suédoise d'une micro-puce sous cutanée dans laquelle peut figurer, entre autres, les informations relatives au pass sanitaire.

Cet extrait de la vision de Jean dans le Nouveau Testament est régulièrement cité pour établir un parallèle avec l'actualité, ce qui hérisse les poils des allergiques aux religions et est critiqué par ceux qui y voient un moyen de décrédibiliser leur combat "concret" par ce qu'ils considèrent comme des superstitions hors sol, ne considérant notre réalité uniquement sur le plan matériel, coupé de toute signification d'ordre spirituel.

L'important n'est pas de savoir si le texte de l'Apocalypse de Saint-Jean est vraiment une prophétie de notre monde actuel ou très proche, mais plutôt de savoir si tout n'est pas fait (consciemment ou pas) pour tendre vers la réalisation de cette prophétie.

Dans la 1ère moitié du XXe siècle René Guénon parlait de la subversion des symboles et de la contre-initiation... et ça y ressemble fortement.

Concernant le "666" biblique voici ce que dit Pierre Jovanovic : "Le chiffre 666 apparait avec le roi Salomon, où l'auteur décrit les impôts, ce que lui versent les commerçants et ce qui lui permet d'avoir chaque année 666 talents d’or. C'est clair, Jean nous disait que 666, c’est le système financier. Aujourd'hui, plus personne ne peut acheter ou vendre, y compris sa force de travail, sans avoir un compte bancaire."

Youssef Hindi nous dit que la toile de fond à tout ce qui se passe actuellement est messianique. Les têtes pensantes qui coordonnent l'installation de cette techno-dictature globale - seule alternative pour nous sauver de la menace sanitaire et climatique - ont-elles une vision eschatologique des événements ? Veulent-elles hâter la venue de leur messie transhumaniste en donnant une réalité à la vision de Jean ? Klaus Schwab du Forum de Davos comme nouveau prophète ? "Covid-19 : La Grande Réinitialisation" sera t-il un nouveau livre sacré (téléchargeable dans sa version française au format PDF ) ? Bill Gates, Christine Lagarde, Attali, Macron, Trudeau, etc... apôtres du nouveau dogme ? Plusieurs signes transparaissent, et pas qu'aujourd'hui.

En 2003 le journaliste Eric Laurent abordait le sujet du mysticisme de l'administration Bush dans son livre "Le monde secret de George Bush"

Dis Manu, kezaco cette "Bête de l'évènement qui arrive" ?

Le 15 janvier 2014 Christine Lagarde, alors présidente du FMI, se livrait à un petit jeu de numérologie lors d’un événement du National Press Club à Washington.

Alors, que nous annonce t-on ? Si en France beaucoup semble attendre d'être sauvé par un président providentiel lors des prochaines élections, pour le judaïsme c'est le Machia'h qui doit introduire une ère de paix et de conscience divine universelles.

Dans cette vidéo je trouve intéressant que le coronavirus soit perçu comme un signe annonciateur. D'ailleurs le 11 mai 2020 Macron faisait coïncider le début de la levée du confinement avec la fête juive du Lag Baomer qui célèbre la fin d’une épidémie qui décima les disciples du grand sage Rabbi Akiva.

Dans l'Apocalypse de Saint-Jean, l'antéchrist doit l'emporter avant le retour du Christ triomphant.

Spécialiste de l'eschatologie musulmane, Sheik Imran Hosein voit dans la pandémie mondiale l'œuvre du Dajjal (antéchrist) et met en garde sur ce qui vient : "Dajjal a plus d'occasions de faire avancer son programme avec une attaque contre la monnaie"

"Le prophète a dit (SAW) si vous avez des terres, accrochez-vous à la terre, si vous avez des animaux, accrochez-vous aux animaux." Sheik Imran Hosein invite à vivre en campagne et accéder à l'autonomie alimentaire. Pour échapper à ça ?



Pour résister au transhumanisme ?

Le projet transhumaniste de fusion corps-machine avance petit à petit, ainsi le 26 mars 2021 Microsoft a déposé un brevet pour l’achat et la vente de crypto-monnaie qui fonctionne par un appareil attaché au corps humain interagissant avec un système de réseau informatique. "Le serveur enverrait une demande de tâche à l'appareil de l'utilisateur et vérifierait ensuite si l'activité corporelle de l'utilisateur répond aux conditions du système. Les utilisateurs qui satisferont aux conditions recevront une certaine quantité de ladite cryptomonnaie en guise de récompense." Le numéro du brevet ? WO/2020/060606

Et lorsque l'on parle de Microsoft, forcément cela nous renvoie à Bill Gates.

La fondation Gill & Melinda Gates ressort souvent dans cette campagne de vaccination mondiale car elle influence fortement l'Organisation Mondiale de la Santé (accessoirement 2e + important contributeur à son budget) . Même le documentaire d'Arte "L'OMS dans les griffes des lobbys" d'Arte (2016), aborde ce sujet (à partir de 48 min 38).

Et qu'est-ce que tu fous Billy au Kenya et au Malawi ? Qu'est-ce que ce "marquage" et cette "vaccination sous-cutanés encapsulés dans des nanoparticules" ? Cf. "Le Kenya et le Malawi, zones test pour un carnet de vaccination injecté sous la peau" Article du Monde du 19 décembre 2019.

Le transhumanisme a également sa dimension messianique. Le nihilisme transhumaniste, religion de demain ? Extrait : "Au-delà de la volonté d’améliorer la vie de chacun, de la rendre plus riche, plus intense et plus longue, outre les motivations financières, scientifiques et politiques, derrière la façade progressiste et libérale de ce mouvement, réside une croyance qui est avant tout religieuse et qui n’est jamais évoquée : l’athéisme. Le transhumanisme exerce en creux, à travers sa doctrine, un prosélytisme radical. L’illustration la plus flagrante de cette posture réside dans le projet de transférer la conscience humaine dans une machine, autrement appelé «téléchargement de l’esprit». Ce dessein repose sur la croyance que notre conscience serait une propriété émergente de l’interaction entre les neurones : autrement dit, le cerveau produirait la conscience. À partir de là, il suffirait de copier l’activité cérébrale d’une personne et de la reproduire dans un ordinateur ou dans un corps artificiel pour «ressusciter» ladite personne. Sauf que le postulat d’une conscience émergente du cerveau n’a jamais été démontré et que prétendre le contraire relève de la promotion d’une religion matérialiste qui nie l’existence de l’âme et donc, in fine, de Dieu."

Je sens que les prochaines années vont être passionnantes. Pour conclure sur une note légère, mes filles sont toutes les 2 nées le 6 du mois. Je me demande parfois si ça tomberait également un 6 si j'avais un 3e enfant. Mais rassurez-vous, je ne tenterai pas le diable.

mercredi 8 avril 2020

La triple conjonction Jupiter-Saturne-Pluton de 2020 / Addendum



Le milieu astrologique attendait de pied ferme l'année 2020. Déjà en 1993, André Barbault écrivait sur le sujet dans le chapitre intitulé “la menace de 2020” (avant “l'envolée de 2026“) dans son livre « L'avenir du monde selon l'astrologie ». Ce chapitre sur 2020 se termine d'ailleurs par ce paragraphe : “On est enclin à se représenter notre continent miné par des forces profondes, rongé par un mal particulier, vivant alors un temps de glaciation. Cela ressemble à une maladie sinon à une intervention chirurgicale de la communauté européenne.

André Barbault (1921-2019) est le spécialiste de l’astrologie mondiale qui a développé la technique de l' “indice cyclique”, découverte par Henri Gouchon (1898-1978 ). Barbault est celui qui a prédit dès 1955 “une étape capitale pour le communisme et l’Union Soviétique à la nouvelle conjonction Saturne-Neptune de 1989”. Dans un article rédigé en 2011 et intitulé “Aperçu sur les pandémies”, l’astrologue avait également anticipé une pandémie au cap 2020-2021. Ce document est gracieusement mis à disposition de Fabrice Pascaud.

Je me souviens d'il y a quelques années au Centre d'Astrologie Humaniste de Sylvie Lafuente Sampietro, le sujet avait été évoqué en début ou fin de cours. L'amas de planète en Capricorne laissait entrevoir une période de contraction, de repli, une rigidification du monde mêlé à une transmutation accélérée des institutions et de nombreuses tensions. À l'époque j'imaginais un coup de frein à la mondialisation, une montée des nationalismes, une droitisation de la société et éventuellement le retour à une sobriété suite à des restrictions économiques.

Avec le recul, on peut constater que l'on ne s’était pas trompé, mais j'avoue qu'avec ce virus, les consignes d'hygiène et le confinement, je n'aurais pas imaginé que les transits actuels soient aussi littéralement interprétables. L'isolement et l'encadrement saturnien de nos actions causés par le coronavirus plutonien, invisible et source de peurs irrationnelles (ou pas), la propagation de ce dernier sous l'effet expansif de Jupiter. Et puis cette triple conjonction Jupiter-Saturne-Pluton pile poil sur le Jupiter du thème de la République chinoise de 1949.

Beaucoup de choses ont été écrite sur le sujet, et d'autres l'ont fait mieux que moi, à commencer par Michaël Mandl et cet article d’une grande richesse

Sur son site consacré à l’astrologie mondiale, Astro Popote dresse le tableau des cycles sur la période 2020-2026, d’où doit émerger du chaos un autre monde.

L’astrologue Fabrice Pascaud a pour sa part réalisé une vidéo très détaillée sur la période 2019-2016 à la lumière de l'astrologie mondiale. Je vous la conseille vivement.

Afin de contextualiser cette triple conjonction, quoi de mieux que la lecture de cet article excellent de Guillaume Cosnier, auteur du foisonnant site Cinquième Soleil : l'astrologue revient sur le transit de Pluton en Capricorne, dont la course dans ce signe s'étend de 2008 à 2023.

Venons-en maintenant à l’ajout que je comptais apporter à mon propre article.


Pour compléter mon propre article sur la triple conjonction Jupiter-Saturne-Pluton, je souhaitais mettre l'accent sur l'écho de la crise actuelle avec le XVIe siècle. En effet, la conjonction Saturne-Pluton en Capricorne qui se produit en 2019 et 2020, rappelle la même conjonction de 1518 à 1520 (en Capricorne également)


Au XVIe siècle, cette conjonction Saturne-Pluton (le 3 janvier 1518 à 4° Capricorne) fut suivie quatre ans plus tard par une conjonction Jupiter-Pluton (le 18 janvier 1522 à 12° Capricorne) et, deux ans après, par une conjonction Jupiter-Saturne (le 30 janvier 1524 à 09° Poissons).

Jupiter-Saturne-Pluton : les mêmes acteurs sont en scène aujourd'hui, les conjonctions Jupiter-Pluton et Saturne-Pluton ayant lieu en Capricorne également, seule la conjonction Jupiter-Saturne (21 décembre 2020) se produira en Verseau (00°29) et non en Poissons comme au XVIe siècle. 

Pour rappel, cette période passée est celle de la confrontation entre le protestantisme naissant et le catholicisme. Martin Luther placarda en octobre 1517 sur les portes de l’église de Wittemberg ses 95 thèses condamnant le commerce des indulgences (la rémission des péchés contre de l'argent) pratiqué par l’Église catholique.

Le catholicisme incarnait le pouvoir structurant de l'époque, aujourd'hui la ferveur religieuse est remplacée par le dogmatisme idéologique : idéologie productiviste, avec la croissance économique comme divinité et les actionnaires pour apôtres... idéologie elle même héritière de l’Éthique protestante (cf. "l'Éthique protestante et l'esprit du capitalisme" de Max Weber). La boucle est bouclée. 

À ce propos, dans son livre "Nature et spiritualité", Jean-Marie Pelt (1933-2015) avait abordé la liaison entre puritanisme protestant et capitalisme américain. J'avais retranscrit la page 179 de cet ouvrage passionnant, qui illustre parfaitement la source de la dégénérescence contemporaine. Extrait : 

« La Réforme conduite par Calvin devait cependant aboutir en Angleterre à une forme de christianisme plus austère, le puritanisme. Les puritains anglais critiquaient les vestiges de la tradition catholique dans l’Église anglicane. Ils regrettaient que ses ornements et ses rituels rappelassent par trop les catholiques. Hostiles aux traditions, à la sentimentalité, au luxe, à l’irrationnel qu’ils considéraient comme aussi inefficace qu’inutile, ils revendiquaient un culte sans apparat, une morale stricte allant jusqu’à contester les divertissements dominicaux. Persuadés de vivre au plus près des pratiques des premiers chrétiens, ils avaient conscience de constituer une élite au cœur des religions anglicanes et même réformées.
[...]
Ils ne condamnent nullement la richesse. Ils n’en font cependant pas étalage et ne lui reconnaissent de valeur morale que si, favorable au développement des entreprises, elle s’investit dans le capital. Quelle meilleure définition du capitalisme : par un glissement sémantique très suggestif, les biens… c’est le Bien ! La pauvreté, le malheur, le Mal.
Ce capitalisme puritain, à l’origine du grand capitalisme américain, n’est pas ostentatoire, afin de ne point susciter de jalousies. Il se veut moral. De puissantes et discrètes fondations humanitaires sont créées. Rien de comparable avec le capitalisme financier et spéculatif d’aujourd’hui où l’on achète et revend des entreprises dans le seul but de réaliser immédiatement un maximum de profit et dans le plus parfait mépris des salariés, simple variable d’ajustement dans les bilans. Ce capitalisme-là est parfaitement immoral, mais une attitude prédatrice à l’échelle planétaire. Il a réussi ce tour de force d’instaurer pour la première fois dans l’histoire une seule et unique civilisation : celle de l’argent. »

Les mouvements de contestation de notre modèle de société (gilets jaunes, collapsologues, écolos, ouvriers, fonctionnaires, etc...) sont à l'image de ce que fut le protestantisme à l'égard de l'Église catholique. Ceux qui manifestent critiquent les mesures d'austérité, la destruction des services publics et l'indulgence du pouvoir envers une élite fortunée qui connaît toutes les magouilles pour échapper aux impôts et multiplier ses privilèges... le tout en se drapant derrière un vernis de Greenwashing pour légitimer leurs actions en jouant la carte de la culpabilisation. Cependant le décalage entre le discours moraliste et les actes (CETA, OGM, glyphosate, voyages en avion, conflits d'intérêts, "guerres pour la paix", etc) a généré un sentiment d'injustice qui devrait atteindre un point de non-retour avec les conséquences du coronavirus et du Krach boursier en cours. 

Et petit détail à ne pas oublier : si le Covid-19 est la cause du développement de la récession historique mondiale que l'on va vivre, il n'empêche que le krach n'a pas été provoqué par le virus, celui-ci en est l'accélérateur et l'amplificateur. Le krach était annoncé depuis longtemps, en 2019 il était même annoncé imminent. Je pense qu'il est nécessaire de marteler cela pour éviter que la pandémie ne serve de bouc émissaire afin de mieux blanchir les responsables de la crise économique qui va tout balayer

Le confinement actuel donne du temps pour se poser, étudier, analyser et comprendre les fondements de notre civilisation. J'espère que cette quarantaine forcée accéléra la prise de conscience collective, afin de contrebalancer le côté destructeur du transit de Jupiter et Saturne sur Pluton. Malheureusement chez le commun des mortels, c'est souvent par le choc de la destruction que s'opère la remise en cause des schémas et habitudes toxiques

À l'inverse, pour ceux qui gouvernent le commun des mortels, le choc est parfois utilisé pour faire perdurer et amplifier un système politique "plutonien" (dans sa symbolique la plus infernale).

Ordo ab Chao 

Pour appuyer ce dernier point, je vous renvoie au documentaire "La Stratégie du Choc" basé sur le livre de la journaliste canadienne Naomi Klein paru en 2007. Il révèle la stratégie mise au point par l'ultralibéral Milton Friedman (Prix Nobel d’économie en 1976) qui conseilla aux hommes politiques d’imposer immédiatement après une crise des réformes économiques douloureuses avant que les gens n’aient eu le temps de se ressaisir. Un traumatisme collectif, une guerre, un coup d’état, une catastrophe naturelle, une attaque terroriste plongent chaque individu dans un état de choc. Après le choc, nous redevenons des enfants, désormais plus enclins à suivre les leaders qui prétendent nous protéger. Les réalisateurs Michael Winterbottom et Mat Whitecross illustrent le propos du livre à travers de nombreuses images d'archives.

Espérons que cette voie ne soit pas celle choisie par nos dirigeants. Le chaos qui va s'installer risque cependant de rendre le climat explosif car si un nouveau monde doit naître, cela ne se fera pas sans de fortes contractions. André Barbault écrivait dans «L'avenir du monde selon l'astrologie» (j’ai débuté et je termine mon article par ce livre) que la nouvelle conjonction Jupiter-Saturne (21 décembre 2020) au semi-carré de Neptune (4 janvier 2021) et au carré d’Uranus (17 février 2021) devrait être "source notamment de conflits sociaux aggravés par un écart en cours jamais autant approfondi entre la pauvreté et la richesse…"

Dans le livre en question, l'astrologue poursuit l'étude des transits avec la période 2025-2030 qu'il voit comme "la meilleur période du siècle", rien de moins : 9 cycles sur 10 ascendants, il y aura un enchevêtrement d'aspects harmoniques. 

Extraits : "Nous sommes alors dans une ère de révolution scientifique, de magie technologique, avec une avancée en fusée d'innovations et de prouesses, pointe supérieure d'un mouvement général d'une cité terrestre en pleine dynamique constructive et installée dans un monde de foi et de solides certitudes. Économie prospère, coopération pacifique, tout est réuni pour que soit vécu un éden. La position centrale et harmonique de la conjonction Saturne-Neptune est surtout expressive d'une promotion des couches inférieures de la population mondiale, d'une élévation sensible du niveau de vie des déshérités, d'une victoire sur la misère gagnée dans une solidarité sans précédent [...] On imagine tout autant une humanité libérée de la guerre et gagnée par l'utopie d'un rassemblement de l'espèce humaine dans un idéal d'unification du monde. C'est ici que se lève le grand rêve du XXIe siècle, sa noble échappée mystique. C'est pourquoi ces années devraient faire date dans l'histoire de l'humanité."

De quoi rester optimiste.

Bon par contre c'est pas le même tableau pour la 5e décennie, mais on a le temps de voir venir...

samedi 26 octobre 2019

"Joker" et les Signes des Temps


[…]« Il y a là comme une sorte d’«épidémie» psychique éminemment contagieuse, mais qui rentre trop bien dans le plan de subversion pour être «spontanée», et qui, comme toutes les autres manifestations du désordre moderne (y compris les révolutions que les naïfs croient aussi «spontanées»), suppose forcément une volonté consciente à son point de départ. »

Le Règne de la Quantité et les Signes des Temps, René Guénon, éd. Gallimard, 1945, chap. XXXVII La duperie des "prophéties", p. 249-250


Le film « Joker » réalisé par Todd Phillips raconte la genèse du personnage de DC Comic, ennemi de Batman. Accusé d'être violent, il est probable que certains craignent une justification de la violence envers les plus riches, en protestation au chaos social.

Arthur Fleck alias le Joker s'en est pris plein la gueule depuis l'enfance, son milieu familial est à l'image de la ville de Gotham où la violence et la corruption sévissent en même temps que les aides sociales se tarissent. Le personnage est montré comme étant le produit déglingué du système, la victime qui tente de garder le sourire malgré la misère, les humiliations et les coups. Sans trop spoiler le scénario, en assassinant des hommes dans le métro en cherchant à se défendre, il deviendra le symbole d'un mouvement de révolte à l’insu de son plein grès, ne sachant pas qu'il avait tué des banquiers de Wayne Enterprises, le père millionnaire du futur Batman et candidat pour les municipales. Thomas Wayne mettra la feu aux poudres en disant à la TV que le tueur devait être un gars jaloux de la fortune des jeunes banquiers, forcément ̶q̶u̶e̶l̶q̶u̶'̶u̶n̶ ̶q̶u̶i̶ ̶n̶'̶e̶s̶t̶ ̶r̶i̶e̶n̶ un clown.


Bien sûr on pense au mouvement des gilets jaunes et autres révoltes dans le monde (Pérou, Chili, Hong-Kong...) qui se multiplient et dont certains participants – au Liban par exemple - se griment déjà en Joker, faisant du masque de Guy Fawkes tiré du film «V pour Vendetta» un accessoire un peu has-been.

Si le clin d’œil au film des frères Wachowski tiré du comic d'Alan Moore est bien là, ce dernier avait d'ailleurs été accusé de faire l'apologie du terrorisme à l'époque. Cependant une autre référence plus subtile se cache lors de la scène de la projection ciné réservée à l'élite : «Les Temps modernes» de et avec Charlie Chaplin. À la fin de ce film de 1936, Charlot ramasse un drapeau qui tombe d'un camion, il le secoue tandis qu'une une masse de manifestants vient s'agglutiner derrière lui, devenant le porte étendard d'un mouvement révolutionnaire qui le dépasse complètement.

Dans « Joker », le public fortuné rit devant le film, sans se douter de ce qui couve. Comme une mise en abîme lors de la projection au Festival International du film de la Mostra de Venise, les spectateurs (probablement plus proches du milieu social de Wayne que du Joker) ont salué par une standing-ovation « Joker » et la performance de Joachin Phoenix.

J'ai apprécié l’œuvre de Todd Philips, pour le jeu de l'acteur principal et la critique des médias et du pouvoir, qui peut cependant flirter avec le populisme, car si l'on est bien sûr influencer par son milieu social et familial, je pense aussi qu'il ne peut excuser nos penchants destructeurs, à moins de nier le libre-arbitre.

OK ce n'est qu'un film, mais je pense que l'art est miroir de notre époque.

Comme le dit Hazukashi dans un de ses articles, « les artistes, les inventeurs, les sensibles, ceux qui perçoivent l’esprit du temps à la façon d’un sismographe. Hypersensibles et hypervigilants, ce sont des baromètres humains, des pylônes épongeant, accumulant toute l’énergie positive ou négative de leur époque pour la recracher sous des formes plus ou moins travaillées, plus ou moins conscientisées… »

Si « Joker » cartonne au ciné, c'est qu'il fait écho au « Zeitgeist »,
à la conjonction Saturne / Pluton (rejointe en 2020 par Jupiter) en Capricorne : le bordel mondialisé doit transmuter, les démons être exorcisés. Il faut intégrer l’énergie plutonienne et rien de mieux qu'un Scorpion (Joachin Phoenix est né le 28 octobre 1974) pour jouer le rôle principal de cette sombre histoire résonnant si bien avec notre actualité. Bien à l'abri dans une salle obscure chauffée, le public a un aperçu de ce qui doit advenir, sans lâcher ce confort dont nous appréhendons de plus en plus le côté éphémère. Rien n'est tout blanc, rien n'est tout noir, le refus du manichéisme a donné du bon, mais la déconstruction s'est emballée, les psychopathes deviennent des héros, les repères d'antan explosent, plus de foi, plus de femmes, plus d'hommes, plus de figure paternelle, ni maternelle d'ailleurs. Ça tâtonne dans le noir, mais c'est pas de notre faute si le propriétaire a vendu la dernière ampoule pour enrichir les copains. Si on se cogne où si l'on cogne, ce sera de la légitime défense. Et puis depuis le temps que l'on dit que ça va péter.

Dans les ténèbres, une autre attitude est possible : arrêter de bouger, éventuellement s’asseoir et être à l’affût du moindre bruit. Laisser ses yeux s'habituer à l'obscurité pour ensuite distinguer la moindre lueur menant vers une porte de sortie.

« Entre toutes les choses plus ou moins incohérentes qui s’agitent et se heurtent présentement, entre tous les « mouvements » extérieurs de quelque genre que ce soit, il n’y a donc nullement, au point de vue traditionnel ou même simplement « traditionaliste », à « prendre parti », suivant l’expression employée communément, car ce serait être dupe, et, les mêmes influences s’exerçant en réalité derrière tout cela, ce serait proprement faire leur jeu que de se mêler aux luttes voulues et dirigées invisiblement par elles ; le seul fait de « prendre parti » dans ces conditions constituerait donc déjà en définitive, si inconsciemment que ce fût, une attitude véritablement antitraditionnelle. »

René Guénon - Études Traditionnelles, octobre 1936. Tradition et traditionalisme