mercredi 23 novembre 2016

Lumière recomposée

Le prisme décompose la lumière blanche (unité) en lumières colorées (multiplicité). 

Notre dimension physique est construite autour de la multiplicité et de la diversité d'ensembles infiniment petits (atomes, cellules) et infiniment grands (planètes, galaxies), ensembles qui sont à l'image des infinies nuances de l'arc en ciel. 
En effet, nous ne distinguons pas le passage d'un ensemble à un autre, ni d'une couleur à une autre.
Le prisme ce sont nos sens et notre enveloppe corporelle qui nous permettent de percevoir le monde dans cette dimension physique que nous appelons communément "la vie".
À travers une expérience d'élargissement de notre conscience ou par la mort, nous nous affranchissons du prisme et accédons à une vue globale de la réalité :  
la multiplicité des couleurs n'est que pure lumière blanche, tout est interconnecté et la séparation une illusion.

samedi 24 septembre 2016

Analyse astrologique du film «Sixième Sens» de M. Night Shyamalan

À travers cette analyse astrologique de film, je tente de faire ressortir les grandes figures archétypales qui donnent vie au récit. Ce travail n’a pas pour objectif d’attribuer tel signe astrologique à tel personnage de film car comme tout être humain dans la vraie vie, les rôles de fiction sont traversés par plusieurs énergies. Cependant, il y a toujours une dominante (plus ou moins marquée) d’une énergie du Zodiaque, qui transparaît dans les caractères et / ou fonction des personnages de film. Cette analyse astrologique est accessible à tous, mais peut être plus intéressante pour un lecteur ayant quelques connaissances en astrologie. Elle permet de voir sous un autre angle un film, elle révèle sa structure symbolique et nous fait réaliser qu’une histoire nous parle car elle résonne avec notre propre thème astral et les énergies qui interagissent en lui.

Pour l’analyse du film « Sixième Sens », j’ai pris soin de ne pas dévoiler la fin pour ceux qui ne l’auraient pas vu.

The Sixth Sense - M. Night Shyamalan (1999)

Le docteur Malcom Crowe (interprété par Bruce Willis) est psychologue pour enfants. Au début du film, nous pouvons le voir avec sa femme Anna (interprété par Olivia Williams) devant un diplôme encadré, distinction de la communauté pour l’ensemble d’une carrière au cours de laquelle le psychologue n’a eu de cesser de tenter d’améliorer le quotidien de ses jeunes patients. C’est au moment où il est en train de fêter cette consécration autour d’une bouteille de vin, que resurgit dans sa vie Vincent Grey, un ancien patient qu’il n’a pas réussi à aider quelques années auparavant. Le jeune homme le ramènera sur terre en lui tirant dessus avant de se suicider.

Malcom Crowe en quête de réparation


Malcom Crowe est l’archétype du signe de la Vierge, dont la mission est d’être au service. Améliorer, perfectionner, réparer, tels sont des verbes qui résonnent chez la Vierge. L’analyse, le pragmatisme, le travail intellectuel et la communication font partie de ses qualités et sont mises en application à travers la profession de Malcom. Ce dernier est critique, il fait preuve d’une rigueur scientifique dans ses diagnostics comme en atteste son carnet rempli de notes : Son ego s’est construit autour de son mental et de raisonnements logiques perçus comme imparables. Son travail lui a valu la reconnaissance de ses pairs, cependant la Vierge a un problème avec les honneurs et la mise en valeur de sa personne, elle préfère rester l’éminence grise qui travaille cachée derrière ses livres, isolée dans son bureau. Cette distinction non acceptée, c’est Jupiter en exil chez la Vierge, fruit d’un manque de confiance et d’un excès de scepticisme. Cet exil de Jupiter se traduit par le coup de feu tiré par son ancien patient, lequel remettra en cause toutes les convictions de Malcom… remise en cause qui surviendra dans un 2nd temps, au préalable il décidera de « réparer » son échec et reportera toute son attention sur un enfant de 8 ans, Cole Sear (interprété par Haley Joel Osment).

La Vierge peut avoir une tendance à culpabiliser, par perfectionnisme. Dans le cas présent, Malcom est hanté par ce jeune homme qui s’est suicidé devant ses yeux et ne veut pas terminer sa carrière professionnelle sans venir en aide à Cole, qui a les mêmes symptômes que son ancien patient : isolement, repli sur soi et sentiment d’être visité par des esprits menaçants. Malcom se met au travail avec le sentiment que le destin lui offre une 2nde chance, avec une implication qui l’éloigne de sa femme. Vénus est en chute chez la Vierge, l’amour et les relations sentimentales ne sont pas son fort, mais les épreuves dans ces domaines sont autant de jalons pour son évolution.

Si l’enfant a mis un certain temps avant de révéler son secret au psychologue, Malcom ne le croit pas dans un 1er temps et cherche tout d’abord une explication rationnelle : il s’imagine que l’absence du père et la précarité financière de la mère sont des sources d’angoisses chez Cole.
Lorsque Malcom gagne la confiance de l’enfant et que celui-ci lui dit « voir des gens qui sont morts », il refuse de croire une chose qui sort de son cadre de référence matérialiste. Nous sommes là dans la problématique du manque de confiance et de foi en une réalité qui puisse se dissimuler derrière ce que perçoivent nos 5 sens. Ce 6e sens que possède l’enfant…

Cole et le monde de l’invisible 


Vous l’aurez peut-être deviné, Cole endosse le rôle de l’archétype Scorpion. Mais un Scorpion qui ne vit pas encore son potentiel en évolutif. Ce signe a une aptitude à gratter la surface du monde sensible, à percevoir ce qui est caché, sonder la psychologie des profondeurs et y côtoyer ses zones d’ombres. Son objectif est de les transmuter, en faire jaillir la lumière. Dans un premier temps, Cole est la victime du monde de l’invisible, il en a peur et ne sait pas comment lui répondre. Il se mure dans le silence et se dévalorise, l'enfant est écrasé par la puissance de Pluton (maître du Scorpion avec Mars). Il demande même à sa mère si elle pense qu'il est fou, Cole s'identifiant aux forces obscures qui l'assaillent. Que ce soit dans le monde des morts ou celui des vivants, Pluton est extérieur, Cole n'arrive pas dans un premier temps à canaliser en lui cette énergie destructrice, ainsi il est la cible de moqueries et de brutalité de la part de ses camarades, comme nous pouvons le constater lors de la scène de l'enfermement forcé à l'occasion du goûter d'anniversaire. 
Le Scorpion transparaît également dans l’attitude parfois provocatrice de Cole : il fait tomber les masques. Par exemple, cela se produit avec son professeur à qui il dit ne pas apprécier qu’on le fixe. Énervé, l’enfant finit par lui rappeler (grâce à l’aide des esprits qui l’entourent probablement) qu’il était bègue étant plus jeune. Surpris par cette remarque, le professeur perd son calme et se remet à bégayer dans un accès de colère, provoquant les rires des élèves et le renvoi de Cole.

Trop de lucidité nuit à la sociabilité


L’enfant est (extra) lucide, il perçoit le monde de l’invisible et vit entre deux eaux, ce qui explique ses difficultés à prendre racines dans le monde de la matière. Cet ancrage passe par la socialisation et les rapports humains. C’est pourquoi pour rassurer sa mère l’enfant lui fait croire qu’il a un ami, alors que celui-ci joue la comédie et vient le chercher pour faire le trajet de l’école en échange du goûter de Cole.

Ce (sale) gosse s’appelle Tommy Tammissimo (interprété par Trevor Morgan), c’est un enfant acteur qui fait de la publicité pour la télévision : contrairement à Cole, Tommy est parfaitement intégré socialement, il "brille en société" et incarne l'enfant-roi par excellence à qui tout lui est dû. Tommy se rapproche donc de l’archétype du Lion (carré au Scorpion dans le Zodiaque), mais un Lion vécu au niveau instinctif : tendance à écraser l'autre en utilisant son charisme pour nourrir son ego en occupant le devant de la scène...  Ce n’est pas à cet enfant que Cole se risquerait à révéler son secret, l’un fait sa diva et arpente les studios, tandis que l’autre préfère jouer seul aux petits soldats dans des églises.  Vénus est en exil chez le Scorpion, les relations interpersonnelles ne sont pas vécues dans la simplicité et il y a souvent une crainte de trop s’exposer, comme une peur de voir l’autre utiliser ce qui aura été révélé contre soit. Ainsi, l’archétype du Scorpion préférera s’enfermer dans le secret... mais refusera qu’on lui cache quoi que ce soit.
Pour revenir sur notre Tommy "Bling Bling" Tammissimo, la justice est rétablie en fin de film à l'occasion du spectacle de l'école, où l'enfant-star apprendra l'humilité et mettra sa créativité solaire au service du collectif (et en sourdine) en interprétant un "vulgaire" rôle secondaire. Il se confrontera ainsi à la part d'ombre du Lion, l'énergie opposée et complémentaire du Roi de la jungle : Le Verseau.

Cole et Malcom, son père spirituel


Pour Cole, le fait de vivre avec ce don paranormal lui confère un énorme pouvoir qu’il ne sait comment utiliser. La Lune est en chute chez le Scorpion : Le rapport mère-enfant n’est pas commun entre Cole et sa mère Lynn (interprétée par Toni Colette). Celle-ci est une mère célibataire qui cumule plusieurs boulots, son fils tente de la préserver et montre de ce fait une maturité précoce. À l’inverse, Lynn semble ne pas avoir fait le deuil de sa mère, ainsi on apprend à la fin du film qu’elle demandait à la grand-mère décédée de Cole si elle était fière d’elle. Telle la petite fille qu’elle était, elle a toujours besoin de l’approbation de sa mère avec qui elle n’a pas coupé le cordon même par delà la mort. C’est Cole qui viendra répondre à l’interrogation maternelle, en révélant que sa grand-mère est bien fière de sa fille, même dans l’au-delà.
Cole joue alors le rôle d’intermédiaire, il sécurise émotionnellement sa mère. Lynn pourrait ainsi représenter l’archétype du Cancer : l’image maternelle qui peut être louve lorsqu’on fait du mal à son enfant, mais aussi retomber en enfance lorsqu’elle éprouve le besoin d’être rassuré par la grand-mère.

La Lune nous apporte des informations sur les besoins naturels et affectifs de l'individu, son rapport à la dépendance, au monde du rêve et de l'imaginaire. Les besoins de Cole ne semblent pas avoir été comblés, il est réfléchi et n'exprime pas la spontanéité et l'insouciance des enfants de son âge, comme s'il avait dû grandir plus vite que les autres et endosser le poids de soucis transmis par l'univers familial... l'absence du père notamment.  À ce propos, nous pouvons constater que la relation entre Cole et Malcom, son psychologue, s’apparente à une relation filiale. C’est la sécurité d’une image paternelle incarnée par Malcom, qui permettra à l’enfant d’oser vivre son 6e sens et s’affirmer en tant que passeur d’âme. Pour cela, il faudra que le psychologue ait confiance en l’enfant et lui reconnaisse son dom. Sceptique au début du film, Malcom finira par se remettre en cause et sauter dans l’inconnu.
Dès lors, Cole entrera en action (Mars maîtrise le signe du Scorpion) suite au conseil de Malcom d’écouter ce qu’on à lui dire les morts. Une fois Mars activé, la peur s’estompe et le Scorpion se met à éclairer les monstres de l’inconscient : La bascule se produit lors de la scène où Cole prend peur sous sa tente en éclairant le visage du fantôme de Kyra Collins, une petite fille en train de vomir. L’enfant part en courant, puis décide de prendre son courage à deux mains et de rebrousser chemin pour discuter avec le fantôme qui lui demandera de l’aide.

Le 6e Sens : Une malédiction qui se révèle être un don 


Mars en maîtrise se traduit d’une autre manière dans le film : Lors de la première apparition de l’enfant, celui joue avec des figurines de soldat dans une église. Le guerrier est alors extériorisé. À la fin du film, Cole joue le rôle principal du spectacle de fin d’année scolaire et incarne un chevalier. La pièce se termine lorsqu’il brandit son épée dans le ciel. Cole a surmonté les épreuves qui l’ont amené à devenir un guerrier de la lumière. Il a réussi l’opération alchimique de la transmutation du plomb en or et de ce fait, il est parvenu à s’ancrer dans la monde de la matière : entouré des autres enfants de sa classe, Cole est reconnu comme faisant partie des leurs. Le Scorpion est dès lors vécu en évolutif, il a intégré sa part d’ombre le Taureau et l’enfant retrouve le sourire et la joie de vivre.

Au moment où l’enfant s’ancre dans la réalité physique, Malcom accompli la mission qu’il s’était donné, il peut enfin dissoudre son ego et lâcher le mental pour se réconcilier avec l’amour (Vénus est en chute dans le signe de la Vierge pour rappel). Je me permets d'associer sa femme Anna à l'énergie des Poissons, le signe opposé et complémentaire de la Vierge : Le don de soi caractérise ce personnage, elle a soutenu son mari pendant toute sa carrière. Elle souffre de la distance avec lui et s’abandonne aux médicaments pour fuir sa réalité, les addictions peuvent être une tendance négative de Neptune, planète maîtresse des Poissons (avec Jupiter). La mélancolie d’un Eden perdu est parfois un des traits de caractères des Poissons, Anna regrette la période fusionnelle vécue avec Malcom, comme en atteste la vidéo de leur mariage qu’elle regarde dans la dernière scène du film. L’amour est une révélation pour Malcom, à travers les souvenirs de sa relation conjugale, il comprend alors qui il est vraiment, au-delà des apparences… 

Le film se termine par un fondu au blanc, comme une lumière éblouissante qui inonde l’écran. L’amour pour sa femme ouvre la porte de Malcom sur l’amour universel, la fusion avec le grand Tout. Le serviteur psychologue a traversé les épreuves qui lui ont permis de trouver une résolution à l’opposition entre les signes de la Vierge et des Poissons.

vendredi 1 juillet 2016

Trouble à l'ordre public

"Moi, j’ai une mère bretonne, un père camerounais, une femme blanche et des enfants de toutes les couleurs. Le concept de races m’est quand même particulièrement étranger. 
Mais d’accord : je peux être considéré comme « raciste » par certaines personnes. 
Alors, envers qui serais-je « raciste » ? En fait, selon ces gens, je serais plutôt antisémite, j’aurais une haine particulière envers des gens qui seraient adeptes du Judaïsme, je serais donc très critique à l’endroit d’une religion ? 
C’est vrai que je suis très critique sur la notion de « peuple élu » mais je n’en veux pas aux adeptes de cette religion. Je dis simplement que je suis très critique sur cette façon de voir : c’est une très mauvaise façon d’avancer ensemble ! Et le communautarisme exacerbé me paraît dangereux. Lorsque ces deux notions mises bout à bout donnent le Crif (Conseil Représentatif des Institutions juives de France, ndlr), on a une France qui… Je pense que c’est important de combattre le communautarisme ! Et si l’on vous considère comme « raciste » parce que vous vous attaquez au communautarisme, eh bien, tant pis ! 
Ce qui ne signifie pas que je développe des raisonnements fondés sur une crainte des personnes qui ont les yeux plissés, le nez pointu ou les cheveux roux. Non, profondément ! Je ne raisonne pas comme ça. »"
Dieudonné interviewé par le journaliste belge Olivier Mukuna pour le site "Femmes de chambres", en décembre 2013

"Par ma femme je suis lié de manière éternelle à la communauté juive et à Israël, quand même !"
Manuel Valls sur "Radio Judaïca Strasbourg", le 17 juin 2011  

"Il y a l'antisémitisme des beaux quartiers, il y a aussi l'antisémitisme dans les quartiers populaires d'une jeunesse radicalisée. Et puis il y a la haine d'Israël, il y a l'antisémitisme, et il y a l'antisionisme, c'est-à-dire tout simplement le synonyme de l'antisémitisme et de la haine d'Israël."
Manuel Valls au dîner du Crif,  le 7 mars 2016

L'opposition de la Ligue des Droits de l'Homme à l'interdiction du boycott des produits israéliens.

jeudi 7 avril 2016

L'inva-sion des profanateurs

À travers ce dessin, j'ai souhaité mettre l'accent sur le chantage à l'antisémitisme et la référence au génocide de la 2e Guerre Mondiale pour légitimer les crimes du gouvernement israélien et empêcher tout débat serein sur le conflit en Palestine.

Sous certains aspects, je trouve cette propagande profanatrice, car elle utilise la mort d'une population pour servir une colonisation qui viole les résolutions de l'ONU.
Pour incarner ces profanateurs, j'ai choisi le 1er ministre israélien Benjamin Netanyahou et quelques uns de ses relais en France (de gauche à droite) : Le 1er ministre français Manuel Valls, les "philosophes" médiatiques Bernard-Henri Levy et Alain Finkielkraut, ainsi que le président du Conseil Représentatif des Institutions juives de France (CRIF) Roger Cukierman.

lundi 8 février 2016

Ipséité et relation

Dans son livre intitulé "Vers une conscience planétaire" / "The planetarization of
consciousness
" (publié en 1970), Dane Rudyar décrit le développement d'une conscience
planétaire qui doit permettre à l'homme de vivre en plénitude, en harmonie avec les lois du cosmos. Mais auparavant, notre vision du monde physique et du monde métaphysique, notre relation à nous-même et aux autres seront bouleversées.


Dans le chapitre 4 (1ère partie - Le monde psychologique), l'auteur définit l'ipséité comme toute forme d'existence intégrale possédant des caractéristiques individuelles susceptibles de se maintenir tout au long d'un cycle de vie complet.
L'ipséité générique, l'homme en tant qu'organisme, évolue vers l'ipséité individualisée (potentiel réalisé ou pas) manifestant la présence d'un Soi.
Blocages possibles : la famille, la religion, les événements nationaux, la collectivité...
La finalité du processus de développement de chaque être humain est l'édification d'une conscience réfléchie capable de percevoir l'existence du Soi à l'intérieur de l'organisme total, mais saura faire accéder tout ce qui relève de l'énergie intégrante du Soi à l'état conscient.


L'ipséité originelle, pour croître et réaliser son potentiel d'existence, doit compter avec les multiples relations dans lesquelles elle entre, et qui pourront aider ou contrecarrer son développement.

Il existe deux types de relations : matricielles et associatives.
  • La relation matricielle est semblable à celle de l'embryon avec sa mère, le processus d'assimilation étant placé sous le contrôle des forces formatrices de l'espèce humaine et du code génétique. La mère est le facteur positif et actif, l'embryon est le facteur passif et réceptif.
  • Dans la relation associative, on se confronte à d'autres existants, il y a un certain degré de réciprocité, un jeu plus ou moins conscient d'actions / réactions entre les personnes.

Après la naissance, il y a un transfert des relations matricielles au niveau de la psyché et des sentiments. La matrice est faite du corps social, culturel et religieux de traditions collectives qui ont structuré et imprègnent totalement sa famille et son milieu scolaire. L'enfant continue à se relier à certaines personnes de façon matricielle, celles-ci « alimentent » sa conscience en croissance en « nourritures psychiques et mentales ».

La formation de l'ego et du mental de l'enfant permettra de percevoir la personnalité humaine sous le masque des figures archétypales des parents, pour aboutir à une relation associative. Ce passage est perturbé, voir traumatique.
L'enfant est potentiellement un individu, son organisme est humain de façon « générique », sa conscience est au niveau latent.

Sur le plan éducatif, Rudhyar met en parallèle la thèse : l'idéal d'éducation hindou antique et celui de la Chine ancienne basé sur des structures sécurisantes et stables (codes de comportement, normes collectives, système traditionnel de valeurs) qui faisaient blocage à l'apparition de comportements et pensées véritablement individuels.
Et l'antithèse : Notre monde occidental contemporain dans lequel la matrice socio-culturelle de la société a éclaté presque partout et où la permissivité des parents et l'idéal de parents-copains (sans image parentale forte), ajouté à l'exposition aux images chaotiques de la télévision, aboutit chez l'enfant à la construction d'un ego soit agressif, soit défaitiste. L'agressivité produit un profond sentiment d'insécurité, un individualisme exagéré, malsain. Son développement précoce est en fait un brouillage du système nerveux et de l'affectivité de l'enfant, devant une surabondance de « nourritures » mentales et émotives inassimilables.
C'est l'antithèse qui doit précéder une synthèse vers une nouvelle représentation de l'homme.

Au stade primitif de l'évolution humaine, la tribu est une matrice extrêmement efficace et contraignante ; de même que la terre qui nourrit le groupe d'homme qui la travaille : à ce niveau on a des rudiments d'ipséité individuelle, celle-ci est potentielle, elle est de nature générique et se définit par la race, le territoire, une tradition et un rituel rigides. Dans l'état tribal, les relations matricielles ont un pouvoir quasi absolu. L'homme biologique et générique a une conscience liée à la fonction vitale, des buts de conservation et d'expansion du vivant.

Le « Je » individuel ne peut naître qu'avec des relations de type associatif. 

À travers le processus d'individuation, la tribu devient royaume, les villes établissent des rapports entre elles, un commerce, des ambitions, puis la soif de pouvoir individuel grandie, se développe la ruse et les aptitudes intellectuelles...  Le centre de sa conscience est dans la pensée.

La synthèse est l'unité dans la diversité :
S'établit un processus de transfert d'un centre biologique d'intégration (le Soi générique) à un centre mental ou idéiste (le Soi individuel) qui correspond à une repolarisation de la conscience.

Le centre de la conscience de l'homme est dans une pensée qui se centre sur le « cœur », sa pulsation, son rythme élémentaire, son timbre (au sens musical). Le « Cœur » est le siège dans le champ de force électromagnétique (l'aura). 


Lors de la synthèse il ne faut pas nier la validité des thèses (tribus) et antithèses (individuations). Des grands rebelles, aventuriers qui cherchent l'or, les ascètes / saints qui cherchent Dieu... il faut allier ces deux états dans ce qu'ils ont de plus riche et d'authentique.
Le but évolutif est d'accéder à une communauté planétaire surtribale, une communauté d'individus entiers, pleinement conscients, intérieurement libres, où chacun apporte à l'ensemble planétaire la « vérité d'existence » qu'il a conquise lui-même, c'est à dire son aptitude à accomplir efficacement tout ce que sa place et ses fonctions au sein de la communauté terrienne exigent de lui. Il s'agit de l'idéal de la « société gnostique » de Sri Aurobindo.

Les crises que l'on pourrait appeler « crucifixions » sont toujours le résultat de relations d'un type ou d'un autre. Elles sont déclenchées par l'énergie que libèrent les relations, exaltation joyeuse ou tragédies dans lesquelles s'engloutit l'ego.
La relation entre le gouru et ses disciples, classique dans la tradition indienne, est l'une de ces relations transformatrices qui peut initier la révolution qui renversera le pouvoir autocratique de l'ego et bouleversera radicalement les structures juridiques et institutionnelles de la société (la personnalité consciente) qu'il gouvernait. 

Psychanalyste / Psychiatre / Directeur de conscience des catholiques remplacent en occident le gouru, mais ce dernier s'appuie sur une connaissance spirituelle et cosmique. À ce propos Rudhyar critique la psychologie occidentale qui cherche (dans la majorité des cas) à réadapter la personne perturbée, devenue antisociale, pour qu'elle puisse à nouveau fonctionner sans heurt et exercer avec plus ou moins de bonheur sa créativité, alors que la crise cherchait peut être à repolariser radicalement la conscience au prix de la répudiation des valeurs de la société.
 

Dane Rudhyar met en garde contre l'attrait de la forme groupale ancienne qui se fait vivement sentir en période de crise profonde, de déception et d'échec.
Le «groupe » attire derrière ses digues des egos rompus par la tempête qui cherchent à parer l'assaut du prochain orage. Le fils de l'homme ne naît pas comme ça, le plérome accueille l'individu fort et entreprenant qui a su remporter des victoires répétées sur l'emprise rétrograde de l’Ère des Ténèbres (Kali Yuga). 

Ces victoires sont les « épreuves » des textes anciens qui décrivent le chemin de l'initiation – c'est à dire le processus qui conduit au plérome. Le vrai chemin est solitaire.

dimanche 18 octobre 2015

L'Alchimie par Patrick Burensteinas

 Le Verbe créateur

"Qu'est-ce que c'est qu'une langue en dehors du fait de communiquer et expliquer des concepts ? C'est... Ça part du principe que la vibration préside à la forme. On a un acte de création, quand on lit les textes on dit qu'à un moment on (Dieu) sépara la lumière des ténèbres et ainsi de suite, il fait un certain nombre de trucs... puis on dit à chaque fois entre "Et il vit que c'était bon". C'est pas du tout ce qui était dit, quand on prend la traduction exacte, il a fait "Ouah". [...] Il a été tellement émerveillé par ce qu'il a fait qu'il a fait "Ouah". Et ça c'est peut être le premier son, la 1ère vibration, la distinction entre l'unité et la création. On peut dire que la création est un cri dans le silence. Un éternel moment présent, y a tout et rien, comme un espèce de lac, une espèce de mer. Puis tout à coup il y a une vibration. Et la vibration on l'entend aussi dans les textes car à un moment on dit "Il sépare l'eau d'en haut de l'eau d'en bas et le souffle de l'éternel plana à la surface de l'eau".
Et un souffle qui plane à la surface de l'eau, quand vous soufflez sur l'eau qu'est-ce qu'il se passe ? Il y a une vibration et la vibration créé la forme, donc la forme née du souffle et le souffle c'est la parole et la parole c'est le Logos. C'est pour ça que vous avez un logo sur les cartes de visite. Et un logo qui marche c'est celui qui porte la parole. C'est à dire qu'au delà de toutes les langues, il y a peut être des combinaisons de vibrations qui créent. Non seulement elles expliquent et expriment des choses mais c'est plus que ça encore, elles créent, elles fabriquent.
D'ailleurs l'alphabet, si c'est un alphabet c'est un alphabet sacré et "sacré ça créé". Je prends un exemple, vous prenez une enceinte acoustique, vous mettez du sable dessus, le sable prend une forme. Vous changez le son, le sable prend une autre forme. Et la question est "elle est où la forme ?"
Elle est pas dans le sable, elle est dans le son. Mais si c'est vrai pour le sable, pourquoi ça ne serait pas vrai pour tout ?" Cette table si c'est une table c'est peut être parce qu'il a un "champ de table" dedans, une musique ? Finalement dans la matière qu'il y a autour de nous et nous y compris, le plus important ce n'est pas la matière mais la vibration qui est en dedans. Et si je change la vibration, alors je change la forme. Vous imaginez la puissance de cette langue, qui chaque mot créé quelque chose. Et bien c'est le verbe créateur. Et c'est la différence entre "nommer" et "créer".
Si je reprends la même table et que je dis "table", tout le monde sait de quoi je parle mais c'est pas pour ça que j'en ai une. Par contre dedans pour que ce soit une table il y a un plan de table, par ce que sinon si je la secoue, tous ses composés partiraient dans tous les sens. S'ils ne partent pas, c'est qu'il y a bien quelque chose à l'intérieur qui va dire à chaque atome voilà quelle est ta place et voilà à quoi tu sers. À tel point que si je retire le plan et bien ça pourrait se désintégrer. Mais le plan c'est de la musique, c'est de la vibration, c'est de l'énergie. Si cette musique je suis capable de l'entendre et de la répéter et bien au moment où je répète le plan, je créé une autre table. C'est ça le verbe créateur. On peut donc imaginer, qu'au début des temps, il y a ces vibrations, cette langue qui naît et qui a la possibilité de créer."

Interview de Patrick Burensteinas sur Meta Tv (32-35 min).


Qu'est-ce qui est juste ?

"Je me pose aussi une question, ou plutôt je me fais une réflexion : il y quelques centaines de millions d’années, il y avait que de l’eau sur la Terre, et sur cette Terre, il y avait une espèce qui vivait et qui vivait tellement bien qu’elle s’est reproduite, elle s’est reproduite, elle s’est reproduite… Elle a fait une civilisation incroyable, et comme elle s’est reproduite, bien sûr, elle a pollué. Elle a fait une pollution incroyable ; elle a inventé un gaz d’une toxicité qui rongeait tout : les métaux, les minéraux, tout ce qui était vivant. Un poison incroyable qu’on serait incapable de faire aujourd’hui. D’ailleurs, ça les a tous tués, sauf une poignée qui a réussi à se sauver au fond des mers.
Alors, bien sûr, c’est pas les Atlantes, hélas ! mais c’est les bactéries anaérobies. Et le poisson terrible qu’elles ont créé, qui rongeait tout, c’est l’oxygène. Si elles n’avaient pas pollué à l’époque, on n’existerait pas aujourd’hui. Qu’est-ce qui est juste ?
[...]
Quant au fait que l’oxygène a bien été créé et n’a pas créé la vie, bien sûr, puisqu’il y avait des bactéries anaérobies avant, c’est-à-dire qui se passaient d’oxygène, mais je veux dire que la civilisation aujourd’hui, qui existe comme elle est, les animaux et nous-mêmes, humains, on est le fruit d’une pollution. Ce qui veut dire que peut-être on prépare l’avènement d’une future espèce qui sera très spirituelle, qui sera extraordinaire, qui vivra dans la radioactivité et l’oxyde de carbone et qui trouvera ça très bien.
[...]
On est ici dans un monde où on est un petit peu débordé par les événements, et l’important finalement est d’essayer de faire ce qui nous rend heureux. Il n’y a qu’une seule règle qu’on va suivre – en tout cas que l’alchimiste va suivre : ni bien, ni mal. Parce que la morale est relative, hein, ce qui est bien pour vous ne l’est pas forcément pour moi. Mais il va essayer de faire, un, ce qui lui semble juste, et deux, dans tous ses actes il se posera la question : est-ce que je rassemble ou est-ce que je fractionne ?
Si je fractionne déjà moi, si je fractionne autour de moi, c’est que pour moi c’est quelque chose de mauvais ; par contre, si je me rassemble moi, si je rassemble autour de moi, eh bien, c’est quelque chose de bon. Sans se poser la question de savoir s’il y a une punition divine, s’il y a quelque chose qui se passe, et surtout sans se poser la question : « Est-ce qu’il y a une vraie conscience derrière ça ? ».
Parce que vous dites : « On suit, par exemple, le vent divin », mais rien ne dit qu’il y a une conscience derrière ça. Ça peut être seulement un phénomène. Peut-être que Dieu est un ver géant, et à chaque fois qu’il se retourne il y a un cataclysme sur la Terre dont il n’a aucune conscience.
Est-ce que moi j’ai conscience des cellules qui existent dans mon corps ? Pas du tout. J’ai peut-être une cellule très pieuse à l’intérieur de mon corps qui loue la « cellule divine qui a créé la cellule à son image »."


"L'Alchimie", avec Patrick Burensteinas

Retranscription d'un extrait d'une interview diffusée sur "Radio Ici & Maintenant !" 95.2, 18 janvier 2005
Interview intégrale : http://rimovnis.com/documents/DdP-Alchimie1-180105.pdf


Pour revenir à cet extrait d'interview, je nuancerai la fin : 
"Rien ne dit qu’il y a une conscience derrière ça" (c'est-à-dire un éventuel plan divin visant à encadrer l'évolution de la conscience humaine ?). Car P. Burensteinas poursuit son raisonnement (fort intéressant) par un parallèle avec le corps humain :
"Est-ce que moi j’ai conscience des cellules qui existent dans mon corps ?" 


Si en effet, nous n'avons pas conscience des cellules qui constituent notre corps, la Tradition primordiale (comme l'entendait René Guénon) enseigne que l'être humain a une constitution ternaire : le corps matériel / L'âme psychique / L'Esprit. Ce dernier est issu d’un niveau de réalité non matérielle. Guénon expliquait que l'Esprit / « Soi » / Essence / ou quelque autre nom qu’on voudra, "est identique à la réalité absolue en laquelle tout est contenu, c’est—à-dire à l’Atmâ suprême et inconditionné." (René Guénon, Esprit et intellect, Etudes Traditionnelles, juillet-août 1947). 

À partir de là, la séparation entre les différents niveaux de conscience n'est-elle pas illusoire ? Et continuons la comparaison avec le corps humain : Lorsque des cellules deviennent défaillantes, celles-ci affectent l'organe dans lequel elles sont présentes et dès lors, une information est transmise à la conscience qui va pouvoir se mobiliser pour enrayer le processus nocif (Soins, visite chez le médecin, amputation). Ainsi, ne peut-on pas voir ici une conscience holistique du corps humain ? De la même manière, lorsque l'humanité est en crise, il m'est très concevable d'imaginer que des messagers angéliques puissent être envoyés sur Terre pour nous aider à rétablir l'équilibre, par une inspiration, des synchronicités, des opportunités de changement, etc... que l'on serait libre d'accepter ou pas.

jeudi 10 septembre 2015

Socialisme antisocial


Au début le projet c'était ça. Puis c'est parti en couille...

Je suis contre la guerre et les morts que ça entraine, pour la laïcité qui est mal appliquée par le gouvernement (non pas à cause des musulmans mais parce que nos dirigeants lèchent le cul des USA qui n'ont rien de laïc et veulent appliquer leur modèle communautariste qui est antagoniste avec les valeurs de la République). Je maintiens qu'il faut s'attaquer aux causes 1ères et non aux conséquences, ne pas généraliser et arrêter surtout la vision binaire de enfants, les méchants contre les gentils c'est dans les films.

Le truc, c'est que les gens s'en prennent à la gauche alors que les partis de gauche n'ont plus de rapport avec ce qu'ils étaient à l'origine (cf. Extrait de Jaurès sur le Socialisme douanier) et servent désormais les intérêts de l'oligarchie. Comme la droite.
Et comme les extrémistes religieux avec leur texte saint en fait...


Je ne suis pas non plus dupe et je reconnais qu'il y a aussi du côté de "gauchistes un peu naïfs" de la récupération d'images de bébés morts pour légitimer leur discours, sans se douter que leur générosité servira les intérêts du capitalisme, friand de main d'œuvre pas cher pour compenser la population vieillissante européenne, sans parler des gouvernements en recherche de : diversion en vue du prochain crash économique / légitimation par la population de futurs bombardements en Syrie... officiellement pour détruire Daesh (groupe constitué de mercenaires armés par l'Europe et les États-Unis pour buter Khadafi en Lybie et renverser le régime syrien à la base) mais en fait pour niquer Bachar pour le compte de l'Oncle Sam suite au véto de la Chine et de la Russie en 2013. Tout est donc en place pour une 3e guerre mondiale. Bref, je sais que c'est compliqué et que la plupart des gens n'y comprend rien, tout ça serait rigolo si ce n'était pas tragique, c'est aussi la preuve que ces étiquettes n'ont plus lieu d'être. 

J'essaye comme je peux de ne pas trop entrer dans cette guerre des propagandes, je contemple de loin les enragés de toute couleur / parti politique / religion (rayer la mention inutile) se poignarder, j'aiderai à mon niveau ceux qui n'ont rien demandé (peut importe la couleur, le parti politique et la religion) et je continuerai à pointer du doigt celui qui fournit le poignard et profite du chaos. 

Amen / Amin

P.S. (Qui ne signifie pas Parti Socialiste...) :

Vandana Shiva (Écrivain, physicienne, prix Nobel alternatif et militante écologiste) explique parfaitement en quoi la dérégulation du marché et l'ouverture des frontières vont de paire : 

"Aucune frontière n’est jamais totalement fermée. C’est comme la frontière de notre peau, qui nous protège de l’invasion de toute infection : des ouvertures permettent à la transpiration de sortir, pour maintenir notre équilibre, préserver notre santé. Toutes les frontières sont poreuses. Un corps souverain sait comment réguler ces entrées et sorties. Il sait quand trop de chaleur entre dans le corps. Il sait comment s’opposer aux virus. Quand un corps perd cette autonomie, cette souveraineté, il devient malade. C’est la même chose pour un pays, gouverné par un peuple souverain et autonome. Ce peuple peut dire : « Notre lait est vendu 14 roupies/litre, votre lait européen qui débarque à 8 roupies/litre va détruire l’économie laitière en Inde, donc j’ai le droit de réguler ce qui entre. » La régulation est vitale pour tout système vivant. La dérégulation, c’est l’appel de la mort. Un corps dérégulé meurt. De même, une nation, une économie dérégulée meurt.

Nous ne disons pas « non au commerce », mais « non au commerce dérégulé ». Non à un marché dérégulé où les conditions des échanges sont déterminées par l’avidité des entreprises, qui s’approprient nos impôts, créent des prix artificiels, entraînant dumping social et destruction de la souveraineté alimentaire. Ce système nuit aux paysans d’Inde. Et il nuit aux paysans d’Europe qui ne peuvent pas gagner leur vie, car les coûts de production sont supérieurs aux prix de vente du lait. L’agrobusiness et ses profits sont au centre de cette équation. Elle a pour conséquence le dumping, l’accaparement, le meurtre de nos paysans, le massacre de nos terres, et tous ces gens qu’on tue avec une alimentation empoisonnée".  


Source : http://www.bastamag.net/Vandana-Shiva-Le-libre-echange-c